Tassement vertébral ostéoporotique : la vertébroplastie sur la sellette

La vertébroplastie percutanée est largement utilisée dans la pris en charge des fractures vertébrales ostéoporotiques. Le ciment employé est le polyméthylméthacrylate, injecté dans le corps vertébral. Des résultats contradictoires ont toutefois émergé de différents travaux depuis 2009. Pour mieux préciser l’efficacité de la vertébroplastie, un essai randomisé en double aveugle a été réalisé. Il a inclus 180 participants qui présentaient un tassement vertébral ostéoporotique. Tous ont bénéficié d’une injection locale sous-cutanée de lidocaïne et de bupivacaïne. Le groupe vertébroplastie (n = 91) recevait en plus l’injection de polyméthylméthacrylate, qui était simulée pour les participants de l’autre groupe (n = 89). L’objectif principal de l’étude était de comparer la réduction moyenne des scores de douleurs sur l’échelle visuelle analogique (EVA), à 1 jour, 1 semaine et 1, 3, 6 et 12 mois. Le seuil significatif de réduction de la douleur était défini comme une baisse de 1,5 points sur l’EVA par rapport au score initial. Les objectifs secondaires étaient les modifications éventuelles dans la qualité de vie et dans les réponses au questionnaire d’évaluation du retentissement fonctionnel de Roland-Morris.

Pas plus d’efficacité qu’une « procédure » fantôme

Les participants des 2 groupes manifestent une amélioration significative de la douleur et de l’impotence fonctionnelle immédiatement après la procédure, amélioration qui se maintient tout au long du suivi. En revanche, l’amélioration moyenne n’atteint pas des différences significatives entre les deux groupes, à aucun stade du suivi.

L’amélioration de la qualité de vie et du retentissement fonctionnel n’est pas non plus différente entre les 2 groupes. Tous les patients réduisent leur consommation d’antalgiques, là encore sans différence notable entre les procédures.

Les auteurs estiment que ces résultats suggèrent que l’amélioration constatée après la vertébroplastie pourrait être la conséquence de facteurs autres que l’injection intravertébrale de polyméthylméthacrylate. Elle pourrait être un effet de l’anesthésie locale précédant le geste, de l’attente du patient (effet placebo), de l’évolution naturelle de la fracture ou encore due au biais de régression à la moyenne (pour être retenus, les patients devaient avoir un score de douleur > 5 sur l’EVA).

Dr Roseline Péluchon

Références
Firanescu CF et coll. : Vertebroplasty versus sham procedure for painful acute osteoporotic vertebral compression fractures (VERTOS IV): randomised sham controlled clinical trial. BMJ 2018; 360: k1551

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