Télérééducation après prothèse de hanche, et pourquoi pas ?

Dans le domaine de la chirurgie orthopédique, la dernière décennie a été marquée par une hausse importante de l’ordre de 55 % du nombre des interventions pour prothèse de hanche. L'optimisation des soins péri-opératoires, comprenant une consultation pré-opératoire, une analgésie multimodale et une prise en charge précoce en rééducation s’est avérée efficace pour réduire la durée d’hospitalisation et améliorer rapidement les capacités fonctionnelles des patients. Bien avant les problèmes de confinement liée à la pandémie de la Covid19, des études se sont intéressé à la télérééducation pour les patients après prothèse de hanche (et comme l’on peut s’en douter, en premier lieu dans les pays anglo-saxons). Un article publié dans Physiotherapy tente de faire le point sur le sujet.

Dans cet essai clinique contrôlé randomisé en simple aveugle de non-infériorité, ont été inclus 70 patients opérés pour PTH. Le groupe témoin (n = 35), d’âge moyen 67 ans et majoritairement féminin à 60 %, a eu une physiothérapie ambulatoire individualisée et d’un programme d'exercices à domicile sur papier. Le groupe d'intervention (n = 35), d’âge moyen 62 ans et majoritairement féminin à 66 % a bénéficié d’une téléréadaptation à distance avec un programme d'exercices à domicile basé sur une application iPad.

Une alternative valable

Les résultats ne mettent en évidence aucune différence entre les groupes sur le critère principal, c’est-à-dire le score sur la sous-échelle de qualité de vie du HOOS (Hip disability and Osteoarthritis Outcome Score) à 6 semaines (p = 0,97). La force, l'équilibre et la fonction autodéclarée étaient similaires quel que soit le groupe.

La satisfaction globale était élevée pour tous, le groupe d'intervention obtenant un meilleur score pour la facilité à se rendre aux rendez-vous (p = 0,017), ce qui semble évident. Le groupe d'intervention était aussi plus compliant pour le suivi du programme d'exercices à domicile (p = 0,048). Un résultat inattendu de cette étude était l'absence de gain de force significatif sur certains muscles, en particulier sur la rotation externe à six semaines et à six mois par comparaison à la situation postopératoire immédiate. Une explication peut se retrouver dans le fait que 93 % (65/70) des participants à cette étude ont été opérés par voie postérieure où les rotateurs externes sont divisés. Pour autant, les résultats du TUG (Timed Up and Go) et du step test ont montré une amélioration significative au fil du temps.

Pour les patients ayant subi une arthroplastie totale de la hanche, il semble donc qu’un programme de téléréadaptation à domicile utilisant une technologie facilement disponible soit une alternative fiable en prise en charge postopératoire. Plus important encore, outre des niveaux élevés de satisfaction relevés par cette étude, les patients en téléréadaptation semblent obtenir des résultats physiques et fonctionnels non inférieurs à ceux qui reçoivent des programmes de réadaptation en cabinet. La seule réserve formulable sur cette étude reste le faible nombre de sujets inclus (au regard de la fréquence de ce type d’opération), ce qui limite la fiabilité et la portée des résultats.

Anne-Céline Rigaud

Référence
Nelson M et coll.: Tele rehabilitation is non-inferior to usual care following total hip replacement — a randomized controlled non-inferiority trial. Physiotherapy; 2020, 107 : 19-27.

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