Tester l’odorat des enfants

Environ 20 % des personnes ont un odorat faible et 5 % une anosmie fonctionnelle. L’anosmie peut être congénitale, isolée ou se situer dans le cadre d’un syndrome olfacto-génital, ou acquise secondaire à un traumatisme crânien, une hypertrophie adénoïde, une mucoviscidose. La prévalence des troubles de l’olfaction parait moins élevée chez les enfants et adolescents que chez l’adulte mais la preuve manque en raison de l’absence de tests fiables. De surcroît, l’identification des odeurs qui est peu développée chez les enfants les plus jeunes rend plus difficile l’évaluation d’un seuil.

Élaboration de l’U-Sniff

Une étude multicentrique internationale associant 19 pays s’est donné pour but la création et la validation d’un test pour le diagnostic des dysfonctions olfactives des enfants, l’Universal Sniff (U-Sniff) Test. Au total, 1 760 enfants âgés de 5 à 7 ans ont été impliqués. L’étude a comporté 3 phases. La phase I était la reconnaissance des odeurs potentiellement faciles à identifier en montrant des photos (qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que ça sent ?). Les réponses ont été classées des plus facilement reconnaissables aux plus difficiles mais avec des variations d’un pays à l’autre et une moyenne a donc été établie. Le chocolat, l’orange, la fraise sont arrivés en tête ; le caoutchouc était le moins connu. A partir des résultats de la phase I, 17 odeurs ont été sélectionnées et des bâtonnets remplis de 4 mL de chaque substance concernée ont été préparés et soumis aux participants au cours de la phase II. Le pourcentage d’identifications correctes des 17 odeurs a été de 73,4 % ± 14,9% mais avec des différences significatives d’un pays à l’autre et d’une odeur à l’autre.

Possibilité de distinguer les anosmies congénitales

A partir des résultats, 12 odeurs ont été sélectionnées pour avoir été reconnues par plus de 66 % des sujets, en tête citron, banane, café, fleur, fraise. En phase III (927 enfants), le score moyen d’identification était à 9,88 ± 1,8 pour une fourchette de 2 à 12 mais avec des variations selon les pays (de 8,2 à 11,2) et le sexe (les filles ont de meilleures capacités olfactives que les garçons) de telle sorte que les normes ont été établies selon ces paramètres. L’U-Sniff test a montré une fiabilité élevée à l’épreuve test-retest (r27=0,83, P < 0,001) et a permis la discrimination entre olfaction normale et anosmie congénitale (score 3,57 ± 1,83) avec une sensibilité de 100 % et une spécificité de 86 %.

Au total, l’U-Sniff test apparaît comme une méthode valable et fiable pour tester l’odorat des enfants, utilisable internationalement.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Schriever VA et coll. : Development of an international odor identification test for children: the Universal Sniff Test. J Pediatr., 2018; 198: 265-272.

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