Thé noir plutôt que vert pour protéger du Parkinson

Il est des pays où la consommation de thé vert ou noir est élevée, notamment en Asie. Le rôle de l’alimentation dans la pathogénie de la maladie de Parkinson est fort mal connu, car les données épidémiologiques sur le sujet son peu abondantes, voire disparates. La Singapore Chinese Health Study, menée de 1993 à 2005, est une étude de cohorte prospective dans laquelle ont été inclus 63 257 Chinois des deux sexes. Les informations basales sur les habitudes alimentaires, incluant le thé vert, ont été recueillies au travers d’interviews individuelles qui ont reposé sur des questionnaires parfaitement structurés et exhaustifs, prenant en compte aussi d’autres facteurs tels le tabagisme chronique.

Au cours du suivi à long terme, 157 cas de maladie de Parkinson ont été diagnostiqués et identifiés lors d’autres interviews, mais aussi à partir de registres ou des observations médicales recueillies à l’issue d’une hospitalisation. Une association négative significative a été mise en évidence entre le tabagisme chronique et le risque relatif (RR) de maladie de Parkinson.

Chez les fumeurs, le RR a été estimé à 0,29, versus les non fumeurs. Il en a été de même pour la consommation totale de caféine (p=0,002). La comparaison interquartile  a révélé que le RR correspondant au quartile supérieur était de 0,55 (versus quartile inférieur). La même relation a été mise en évidence pour ce qui est de la consommation de thé noir, un breuvage particulièrement riche en caféine. Cette association n’a pas été invalidée par la prise en compte des principaux facteurs de confusion, en l’occurrence le tabagisme et la consommation de caféine (RR ajusté, 0,29, tertile supérieur versus inférieur, p=0,0006). En revanche, aucune relation significative n’a été décelée entre la consommation de thé vert et le risque de maladie de Parkinson.

Il semble que les ingrédients du thé noir, autres que la caféine soient à l’origine de l’association précédemment évoquée, indépendamment du tabagisme. Il semble aussi que les habitudes alimentaires jouent un rôle modeste dans la survenue d’une maladie de Parkinson, tout au moins à Singapour.

Dr Philippe Tellier

Références
Louis C Tan et coll. : Differential effects of black versus green tea on risk of Parkinson’s disease in the Singapore Chinese Health Study. Am J Epidemiol 2008, 167: 553-560.

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