Toujours des inégalités hommes/femmes dans la prévention secondaire de la maladie coronaire par statines !

En prévention secondaire de la maladie coronaire l’efficacité et la sécurité d’emploi de fortes doses de statines ont été bien établies par plusieurs études contrôlées. En conséquence, les recommandations américaines de 2013 ont préconisé la prescription de statines à fortes posologies pour réduire le risque cardiovasculaire chez les patients de moins de 75 ans qui ont une maladie artérielle athéromateuse. En revanche, il est préconisé de prescrire des doses moindres de statines chez ce type de patients âgés de plus de 75 ans.

Peters et coll. ont voulu savoir si, après un infarctus du myocarde, hommes et femmes recevaient pareillement de fortes doses de statines et si les efforts mis en œuvre pour, justement, effacer les disparités entre les deux sexes quant à la prévention des maladies cardiovasculaires avaient atténué une éventuelle différence.

L’étude a porté sur les données médicales de 16 898 patients (femmes : 26 %) âgés de moins de 65 ans et sur 71 358 autres patients (femmes : 49 %) âgés de plus de 66 ans, issues de deux compagnies d’assurances.

Ces patients avaient été mis sous statines dans les 30 jours qui ont suivi leur sortie de l’hôpital après un infarctus du myocarde entre 2014 et 2015.

Une forte posologie de statines était définie par l’administration de 40 à 80 mg d’atorvastatine ou de 20 à 40 mg de rosuvastatine.

Les femmes ont moins de chances d’avoir de fortes doses de statines après un infarctus du myocarde

Entre 2014 et 2015, 56 % des patients hommes et 47 % des patientes ont reçu des statines à fortes doses au décours de leur hospitalisation pour infarctus du myocarde.

Les rapports de risque (RR) pour la mise sous de fortes doses de statines comparant les femmes aux hommes étaient de 0,91 (intervalle de confiance [IC] 95 % : 0,90 à 0,92) dans la population totale, de 0,91 (IC 95 % : 0,89 à 0,92) pour les patients qui n’avaient jamais été mis sous statines auparavant, et de respectivement 0,87 (IC 95 % : 0,85 à 0,90) et 0,98 (IC 95 % : 0,97 à 1,00) pour les patients qui étaient déjà sous statines à doses faibles/moyennes ou élevées avant leur infarctus du myocarde.

Il apparaît que les femmes avaient moins de chance que les hommes d’être mises sous de fortes doses de statines et ce, dans tous les sous-groupes analysés ; la disparité était la plus importante chez les patients les plus jeunes et les plus âgés et chez ceux qui n’avaient pas antérieurement de comorbidités.

En conclusion, malgré les récents efforts pour tenter de réduire les différences liées au sexe quant au suivi des recommandations concernant la prévention des maladies cardiovasculaires, les femmes ont moins de chance que les hommes de bénéficier d’une prescription de fortes doses de statines après un infarctus du myocarde.

Dr Robert Haïat

Référence
Peters SAE et coll. : Sex Differences in High-Intensity Statin Use Following Myocardial Infarction in the United States. J Am Coll Cardiol., 2018; 71: 1729–37.

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