Toujours plus de déclarations d’agressions de médecins

Paris, le jeudi 4 avril 2019 – L’Ordre des médecins publie les données recensés en 2018 par son Observatoire de la sécurité des médecins.

Ces douze mois ont été marqués par une nouvelle augmentation des signalements d'agressions par les médecins libéraux, avec 1 126 déclarations d’incidents, soit une hausse de près de 9%.

Les généralistes en première ligne

Encore une fois, les généralistes sont les plus touchés par ce phénomène : 70% des déclarations émanent d’omnipraticiens (61% en 2017), alors qu’ils ne représentent que 44% du corps médical. « Autres spécialités particulièrement touchées : les ophtalmologues, les dermatologues, les gynécologues-obstétriciens, les psychiatres et les médecins du travail » note l’Ordre qui souligne en outre « que 62% des médecins victimes disposent d’un secrétariat, ce qui indique qu’il ne s’agit pas d’un outil suffisant pour se prémunir d’incidents parfois graves ».

Qui sont ces agresseurs ?

Majoritairement les auteurs sont les patients  (54%) ou une personne qui les accompagne (15 %).

Un reproche relatif à la prise en charge est le prétexte de la violence dans 31% des cas, devant les vols (17%), les refus de prescription (16 %), un temps d’attente jugé excessif (11%).

Les agressions verbales ou menaces représentent 66% de ces incidents, et le vandalisme 8%. Si les agressions physiques restent stables à 7%, on note une augmentation dans l’utilisation d’armes. Trente et un médecins ont ainsi dû faire face à un agresseur armé en 2018 : un couteau dans 10 cas, mais aussi un fusil à deux reprises, et un pistolet automatique dans un cas.

Les médecins portent cependant peu plaintes, ainsi, 23% n’ont pas donné suite, une proportion qui monte à 34% chez les médecins victimes de vandalisme, et à 69% chez les médecins victimes d’agressions verbales.

Quelques pistes de réponse

Dans ce contexte, certains Conseils départementaux de l’Ordre ont lancé des expérimentations.

A Limoges, un bip de géolocalisation permettant d’alerter les forces de l’ordre a été proposé aux médecins de ville et ce dispositif qui semble porter ses fruits sera progressivement étendu à tous les médecins de la Haute-Vienne.

Même idée en Ile-de-France (région la plus concernée), le Conseil régional développe une application qui permet d’alerter et de faciliter l’intervention des forces de l’ordre en cas d’urgence.

L’Ordre conclut « il est urgent que les pouvoirs publics se saisissent de cet enjeu majeur (…) Les médecins et les internes sont des piliers de la bientraitance républicaine ; ils ont besoin que la République les soutienne, à l’hôpital comme dans les cabinets libéraux ».

F.H.

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