Toujours une place pour la splénectomie en cas de PTI

Face à un purpura thrombopénique immunologique (PTI) préoccupant sur le plan clinique, la splénectomie reste le traitement à visée curative le plus efficace. Ses indications ont cependant décliné au cours de la décennie écoulée depuis l’avènement des agonistes des récepteurs de la thrombopoïétine (AR-TPO). Une étude de cohorte multicentrique rétrospective française permet de faire le point, son premier objectif étant de préciser l’efficacité actuelle de la splénectomie dans la prise en charge du PTI, notamment en cas d’échec de la pharmacothérapie. En second lieu, en cas de rechute de la maladie après splénectomie, à quoi faut-il s’attendre avec les AR-TPO ?

L’étude a inclus 185 patients atteints d’un PTI diagnostiqué entre 2011 et 2020. Avant la splénectomie, 100 d’entre eux (54,1 %) avaient reçu un AR-TPO et 135 (73,0 %) un médicament de ce type et/ou du rituximab.

Efficacité dans deux tiers des cas

Le suivi médian après la splénectomie a été estimé à 39,2 mois [16,5-63,0]. Une réponse initiale favorable à cette dernière a été observée dans la majorité des cas (77,8 %), mais une rechute est survenue par la suite chez 23 participants (12,4 %). Une réponse globale soutenue a été constatée pour 65,4 % des patients, un chiffre voisin de celui atteint au cours de la période qui a précédé l’avènement des AR-TPO.

En cas de traitement préalable par un AR-TPO ou le rituximab avant la splénectomie, une réponse soutenue a concerné 92 patients sur 151 (60,9 %). Treize patients n’avaient aucunement répondu à la pharmacothérapie quel qu’elle soit : chez six d’entre eux (46 %), une réponse soutenue a été obtenue après splénectomie. En cas de rechute après cette dernière (n = 21), une réponse favorable aux AR-TPO a concerné treize participants (61,2 %), alors même que ce traitement s’était auparavant révélé inefficace.

La splénectomie conserve une place de choix dans le traitement du TPI chez les patients qui ne répondent pas à la pharmacothérapie, qu’il s’agisse des AR-TPO ou encore du rituximab. Par ailleurs, en cas de rechute de la maladie ou de l’absence de réponse après splénectomie, il ne faut pas hésiter à instaurer ou à réinstaurer un traitement par les AR-TPO.

Dr Philippe Tellier

Référence
Mageau A et coll. : Splenectomy for primary immune thrombocytopenia revisited in the era of thrombopoietin receptor agonists: New insights for an old treatment. Am J Hematol., 2022; 97(1) :10-17. doi: 10.1002/ajh.26378.

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