Tout roule pour le cannabis thérapeutique

Paris le vendredi 11 octobre 2019 - Le député LREM Olivier Véran a déposé un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) visant à budgéter une expérimentation du cannabis thérapeutique.

Étape après étape, la France se rapproche de la légalisation du cannabis thérapeutique. Après l’avis favorable exprimé par Matignon en avril dernier et surtout le feu vert donné par l’Agence du Médicament (ANSM) en juillet, un nouveau pas a été franchi ce mercredi avec le dépôt d’un amendement au PLFSS visant à financer une expérimentation des vertus thérapeutiques du cannabis. Le texte, défendu par le député LREM de l’Isère Olivier Véran, également médecin et rapporteur du projet de loi, sera débattu en commission la semaine prochaine puis en séance publique la semaine suivante et a de forte chance d’être adopté.

Pour défendre son projet, le député s’est appuyé sur son expérience personnelle. Neurologue "dans le civil", il rencontre depuis plusieurs années des patients qui, résistant aux traitements classiques, soignent leur douleurs chroniques par du cannabis pris en automédication. Après avoir mené sa propre enquête, il a saisi les autorités sanitaires de la question. Cela a conduit l’ANSM à réunir fin 2018 un Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) qui a rendu un avis favorable à l’expérimentation du cannabis thérapeutique en avril dernier.

L’étude proposée par le député devra durer deux ans à compter de janvier prochain. Elle sera menée auprès de 3 000 patients par des médecins spécialisés dans la douleur qui suivront une formation spécifique. Le cannabis sera consommé sous formes d’huile, de tisane ou de fleurs séchées vaporisés (mais jamais par cigarette…). Le but sera d’étudier les vertus thérapeutiques du cannabis dans les douleurs résistantes aux traitements, notamment celles liés aux maladies neurologiques, au cancer, à l’épilepsie ou à la sclérose en plaque. L’étude permettra également, toujours selon l’élu LREM, de « jouer sur les doses de CBD et de THC pour savoir quel type de cannabis thérapeutique est le plus utile ».

La France "en retard" sur la question

Le député a également souhaité faire taire les critiques qui voient dans l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques une première étape vers la légalisation du cannabis récréatif. « Cela fait un siècle qu’on autorise la morphine, mais on ne vend pas de l’héroïne à tous les coins de rue ! » s’est amusé l’élu. Pour lui, il s’agit avant tout d’aider des patients qui ont trouvé dans le cannabis un moyen d’apaiser leur souffrance. « On est en train de parler d’un malade qui a un cancer ou une douleur neuropathique (…) et qui vous dit : ça fait un an que je m’automédique comme ça et que je vais mieux, accompagnez-moi, plutôt que de me laisser dans l’illégalité ».

Actuellement, seuls les médicaments à base de cannabinoïdes sont autorisés en France. Rappelons que 17 pays de l’Union Européenne autorisent le cannabis à des fins thérapeutiques. En janvier dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait reconnu l’utilité médicale du cannabis.

Q.H.

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Vos réactions (3)

  • Enfin une bonne nouvelle

    Le 11 octobre 2019

    Enfin une bonne nouvelle pour les patients porteurs de douleurs neuropathiques mal soulagées en particulier concernant les douleurs consécutives aux chimiothérapies...et ce d’autant que le cannabis est bien moins producteur des effets secondaires comme ceux dus aux molécules utilisées pour soulager ces douleurs que j’aurais la décence de ne pas citer...

    Dr Brigide Maigret

  • N'importe quoi

    Le 12 octobre 2019

    Ce n'est pas parce que la morphine (un principe actif bien caractérisé, en chimie comme en pharmacologie) est commercialisée qu'on doit recommander les fumeries d'opium !

    La société chinoise, au début de XXe siècle, s'est totalement désintégrée dans l'opium tout en enrichissant l'occident ; ils pouvaient témoigner que ça calmait formidablement leurs douleurs et leur anxiété.

    Que les voies cannabinoïdes soient trop peu exploitées à ce jour dans la pharmacopée, c'est bien possible. Raison de plus pour parfaire la R&D dans ce domaine au lieu de gaspiller les ressources au profit d'exploitants mus par la seule cupidité.

    Le "cannabis thérapeutique", ce n'est surement pas de la bonne pharmacie. C'est plutôt de la droguerie.

    Dr Pierre Rimbaud

  • SATIVA

    Le 19 octobre 2019

    Où en est-on avec ce médicament à base de cannabis ?

    Dr François Chassaing

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