Tout savoir sur les risques du voyage sans jamais avoir à le demander

« Docteur, nous partons au Jimlandistan cet été, est-ce qu’il y a un vaccin obligatoire ? Faut-il prendre un traitement contre le paludisme ? Est-ce risqué pour ma grossesse ? ». Non bien sûr, ce pays n’existe pas, contrairement au BEH 2019 des recommandations sanitaires pour les voyageurs*,  tellement étoffé (83 pages contre 67 l’an dernier) que les nombreux lecteurs qui savaient la version 2018 par cœur seront déçus : nous ne pourrons leur indiquer toutes les différences.

Balance bénéfice/risque

Il faut dire que la situation épidémiologique mondiale évolue sans cesse : explosion de la rougeole, épidémies de fièvres hémorragiques préoccupantes en Afrique, de fièvre jaune au Brésil ou encore de dengue un peu partout, sans parler du risque Zika persistant pour les femmes enceintes après le retour de voyage.

Il n’y a guère que le paludisme qui régresse : plus aucun cas signalé en Turquie, au Tadjikistan, en Ouzbékistan, en Chine, à El Salvador et au Paraguay - qui vient d’être déclaré exempt.

Il recule également en Guyane (très localisé) et dans de nombreux pays d’Amérique et d’Asie. Pour une meilleure balance bénéfice/risque de la chimioprophylaxie, les zones et périodes à risque sont plus détaillées dans le tableau du BEH cette année.

Nouveaux risques à considérer

Côté vaccins, celui contre la dengue est commercialisé mais il n’est pas destiné aux voyageurs, même vers une zone d’épidémie comme La Réunion. La nouveauté pour le vaccin contre l’encéphalite japonaise, avec du recul sur la séroprotection, concerne le protocole vaccinal : après le rappel à un an, on recommande chez l’adulte un deuxième rappel à dix ans. Ce vaccin, comme celui contre l’encéphalite à tiques, est de préconisation complexe : on repérera mieux les lieux et périodes à risque sur les tableaux du BEH.

Enfin, la  pollution vient de faire son entrée dans cet ouvrage. Elle touche en effet les grandes métropoles, surtout asiatiques : il faut se renseigner sur le niveau de pollution du pays lorsqu’on présente une fragilité respiratoire : http://maps.who.int/airpollution/.

Enfin, au retour du voyage, les franciliens doivent considérer désormais le risque d’arbovirose secondaire et continuer à éviter les piqûres de moustiques : le tigre est en effet désormais dans Paris !

Dernière nouveauté : les auteurs sollicitent l’avis des lecteurs jusqu’au 14 juillet :  https://www.hcsp.fr/Enquete.cgi/RepondreDebut

*https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=hcspa20190322_recommasanitaipourlesvoyageu.pdf

Dr Blandine Esquerre

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