Traitement d’une IM : le pronostic hospitalier n’est pas différent en cas de cancer

De nos jours, il peut être proposé, pour traiter une insuffisance mitrale (IM), soit une réparation transcathéter de la valve mitrale soit une chirurgie valvulaire (qu’il s’agisse de remplacement ou de réparation de la mitrale). Guha et coll. ont tenté de déterminer quelle était la fréquence relative et le pronostic de ces 2 stratégies thérapeutiques dans la  population particulière des patients atteints d’un cancer.

Pour ce faire, ils se sont appuyés sur les informations d’une base nationale de données (National Inpatient Sample) aux États-Unis qui leur a permis de répertorier les patients de plus de 18 ans qui avaient été hospitalisés entre 2003 et 2015 pour une insuffisance mitrale et qui avaient un cancer non métastasé.

De 2012 à 2015, il y a eu 700 hospitalisations pour réparation transcathéter de la valve mitrale alors qu’entre 2003 et 2015, il y a eu 12 863 hospitalisations comportant une chirurgie valvulaire mitrale.

Au cours du suivi, le taux de réparation transcathéter de la valve mitrale a augmenté significativement chez les patients cancéreux (comparés aux patients indemnes de cancer) et ce, surtout en 2015 (14,2 % vs 8,2 % ; p < 0,0001).

Davantage de complications hémorragiques en cas de chirurgie valvulaire chez les patients atteints de cancer

Dans le groupe des patients bénéficiant d’une réparation transcathéter de la valve mitrale, la présence d’un cancer (vs son absence) n’a modifié ni la mortalité hospitalière(1,4 % vs 1,8 % ; p = 0,71), ni l’incidence des accidents vasculaires cérébraux ischémiques (0,7 % vs 0,6 % ; p = 0,97), ni celle des hémorragies majeures (8,6 % vs 10,9 % ; p = 0,36), ni le taux de retour à domicile à la sortie de l’hôpital (62,1 % vs 65,7 % ; p = 0,45) ; mais la présence d’un cancer a augmenté significativement le coût du traitement (52 325 vs 48 830 dollars US ; p < 0,0001).

De façon similaire, dans le groupe des patients traités par chirurgie valvulaire mitrale durant la même période, la présence d’un cancer (vs son absence) n’a modifié ni la mortalité hospitalière (3,1 % vs 3,4 % ; p = 0,36),  ni l’incidence des accidents vasculaires cérébraux ischémiques (2,6 % vs 3,1 % ; p = 0,16), ni le coût du traitement (58 106 vs 58 844 dollars US ; p = 0,49) ; cependant, l’existence d’un cancer s’est trouvée associée à une augmentation du taux de saignements majeurs (34,9 % vs 30,5 % ; p < 0,0001) et à une moindre incidence de retour direct au domicile au sortir de l’hôpital (32,8 % vs 38,6 % ; p < 0,0001).

En conclusion, chez les patients atteints d’un cancer, la réparation transcathéter de la valve mitrale et la chirurgie valvulaire mitrale conduisent à une mortalité hospitalière et à un pronostic hospitalier comparables à ceux observés chez les patients indemnes de tout cancer. Toutefois, les patients atteints d’un cancer qui avaient bénéficié d’une chirurgie valvulaire mitrale, ont présenté, lors de la phase hospitalière, davantage de complications hémorragiques liées à l’intervention par rapport aux patients indemnes de cancer.

Dr Robert Haïat

Référence
Guha A et coll. : Contemporary Trends and Outcomes of Percutaneous and Surgical Mitral Valve Replacement or Repair in Patients With Cancer. Am J Cardiol 2020 ; 125 : 1355-1360.

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