Traitement médical de l’HBP : fidélité aux monothérapies

De 2004 à 2006, plus de 2 millions de français ont reçu un traitement médicamenteux pour leur hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Pour améliorer le confort de vie des patients atteints d’HBP et retarder les complications, trois classes thérapeutiques sont disponibles et se partagent les prescriptions, seules ou en association : α bloquants, inhibiteurs de la 5 α réductase et extraits de plantes. Les assurances maladies les prennent en charge, et, grâce à la base SNIIRAM (Système National d’Informations Inter Régions d’Assurance Maladie), il est désormais possible de suivre précisément l’évolution de leur prescription, comme celle de toutes les prestations remboursées par les différentes caisses d’assurance maladie.

Le réseau Observa-Pur, Observatoire sur les pratiques d’urologie en France, a utilisé cette base de données pour étudier l’évolution au cours du temps des traitements médicamenteux de l’HBP. Au total, 10 millions d’ordonnances ont été répertoriées et analysées, de 2004 à 2006.

Il en ressort que les patients sous monothérapie sont relativement fidèles à leur traitement. En effet, 87,41 % des patients sous α bloquants, 80,20 % de ceux sous inhibiteurs et 78,52 % de ceux sous phytothérapie gardent le même traitement, sans modification de classe thérapeutique.

Les patients prenant une association α bloquant - inhibiteur ne sont que 53,01% à conserver cette association pendant la durée de l’observation, les autres ayant changé pour une monothérapie, α bloquant pour 21,08 % d’entre eux et inhibiteur pour 21,33 %. Le même schéma est observé pour les patients sous α bloquant et phytothérapie, ou pour ceux sous inhibiteur et phytothérapie,  qui sont moins de la moitié à poursuivre le même traitement, les autres ayant donné la préférence à l’une ou l’autre molécule, en monothérapie.

Mais la palme de l’infidélité revient aux patients sous trithérapie, qui ne conservent le même traitement que pour 21,55 % d’entre eux, alors que 29,95 % choisiront une bithérapie avec α bloquant et inhibiteur, 11,06 % un α bloquant seul et 10,40 % un inhibiteur seul.

Ces résultats apportent un éclairage intéressant sur les habitudes de prescription dans ce domaine de l’HBP. Ils sont toutefois purement comptables et ne renseignent pas sur les raisons des modifications de traitement. Effets secondaires ou interactions médicamenteuses, inefficacité, difficultés d’observance ou manque de motivation, il est permis de penser que les causes d’abandons de traitement sont souvent complexes.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Lukacs B et coll. : Observa-Pur : analyse des modifications des traitements médicaux pour HBP sur plus de 2 millions de patients traités. 103ème Congrès français d’urologie – Paris - : 18 au 21 novembre 2009.

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