Traitements ciblés en cas de cancers du poumon avec anomalies génétiques rares

Plusieurs communications étaient consacrées aux patients ayant des cancers du poumon avec des anomalies génétiques rares. Deux exemples parmi d’autres :

• la fusion d'un des gènes NTRK encodant les récepteurs kinases à tropomyosine (TKR) avec d'autres gènes. Ce qui aboutit à l'expression de protéines réceptrices anormales perpétuellement activées favorisant le développement de cancers de tout type.
• le réarrangement du gène ROS1 par translocation aboutissant à la fabrication de protéines défectueuses pro-oncogéniques.

Dans le premier cas, une analyse combinée des études regroupant diverses tumeurs solides a permis de répertorier 11 cas d'adénocarcinomes pulmonaires métastatiques dont 7 évaluables pour ce qui concerne la réponse au larotrectinib, un inhibiteur de TKR. Les résultats montrent 1 réponse complète, 4 réponses partielles et 2 stabilisations. La médiane du délai avant réponse était de 1,8 mois et la médiane de durée de réponse n'avait pas encore été atteinte dans le cadre d'un suivi médian de 12,9 mois (1).

Dans le deuxième cas, une analyse couplée des données de 3 études montre que l'entrectinib, un inhibiteur multikinase (TKR, ROS1, ALK), donne des résultats du même ordre sur un total de 10 cas de cancer du poumon non à petites cellules métastatique ou localement avancé avec production de protéines de fusion (1 réponse complète, 6 réponses partielles et 1 stabilisation). De plus, le taux de réponse cérébrale était éloquent : 2 réponses complètes, 2 réponses partielles et 1 stabilisation sur un total de 6 malades (2).

Cette même molécule est également très efficace en cas de réarrangement de ROS1 (3). Dans un analyse portant sur 53 malades (dont 23 avec métastases cérébrales), une réponse objective a été obtenue chez 41 patients dont 17 avec métastases cérébrale. Les médianes de survie sans progression, et avec métastases cérébrales ou sans, étaient respectivement de 13,6 mois et de 26,3 mois.

Autant de données qui, en dépit de la rareté des anomalies mentionnées, plaident en faveur de leur recherche active si l'on veut pratiquer une médecine personnalisée digne de ce nom.

Dr Jean-Claude Lemaire

Références
(1)Drilon A et coll. : Activity of larotrectinib in TRK fusion lung cancer.
(2)Paz-Ares L et coll. : Entrectinib in NTRK fusion-positive non-small cell lung cancer (NSCLC): Integrated analy.
(3)Barlesi F et coll. : Entrectinib in locally advanced or metastatic ROS1 fusion-positive nonsmall cell lung cancer (NSCLC): Integrated analysis of ALKA-372-001, STARTRK1 and STARTRK-2.
European Lung Cancer congress (Genève) : 10-13 avril 2019.

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