Transplantation : retour en grâce de la Chine malgré des doutes persistants

Madrid, le lundi 9 juillet 2018 - Différentes enquêtes ont pu confirmer que l’activité de transplantation et de greffe étaient au début des années 2000 en Chine en très grande partie assurée par le prélèvement d’organes sur des prisonniers condamnés à mort, dont les conditions de recueil de consentement ne permettaient évidemment  pas de s’assurer de leur accord. Confirmée par les plus hautes autorités, la pratique a perduré au moins jusqu’en 2015. Cette situation a longtemps conduit à l’exclusion des équipes chinoises des organisations internationales dédiées à la transplantation. La situation tend à évoluer : cette année, le congrès annuel de la Société de Transplantation accueille à Madrid 150 spécialistes chinois. Si certains se félicitent de cette évolution, d’autres considèrent que des doutes très importants persistent sur la provenance des greffons.

Ces suspicions sont liées au fait que l’ampleur de l’activité de greffe n’a officiellement que peu évolué depuis l’interdiction en 2015 du recours aux organes des prisonniers exécutés. Les données institutionnelles affirment que cet exploit a été permis grâce à une augmentation très forte du nombre de donneurs dans la société civile. « Ce n’est pas possible qu’une transition complète ait pu avoir lieu en un ou deux ans » estime l'organisation China Organ Harvest Research Center, tandis que son analyse de l’activité hospitalière lui fait redouter une activité de transplantation masquée, qui fonctionnerait en dehors des règles établies et pourrait alimenter divers trafics. Ces différents éléments favorisent la réticence de certains spécialistes internationaux de la transplantation qui souhaiteraient davantage de transparence de la part de Pékin.

Néanmoins, les accusions fréquemment formulées d’actes de torture contre certains opposants, dans le but d’alimenter des trafics d’organes n’ont jamais pu être parfaitement prouvées.

M.P.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article