Transports de nouveau-nés dans l’hôpital, ce n’est pas toujours simple

L’état de santé des nouveau-nés hospitalisés peut nécessiter des transports au sein de l’établissement pour des examens diagnostiques ou des traitements irréalisables au lit. Comme chez l’enfant plus âgé, ces transferts peuvent se compliquer d’effets indésirables comme désaturation, instabilité hémodynamique, arythmie, hypothermie ou problèmes liés à l’équipement. A l’évidence, les enfants sous ventilation mécanique, sédation, support hémodynamique sont les plus exposés. Les recommandations élaborées pour les grands enfants dans le but d’organiser le transport sont souvent inapplicables aux nouveau-nés.

Une étude prospective a été conduite dans l’Unité Néonatale de l’Université de Lausanne qui comporte 12 lits de soins intensifs, 16 de soins intermédiaires et 12 de spécialité pour les pathologies médicales et chirurgicales. Les transports étudiés, à l’exclusion de ceux à partir de la salle de naissance, ont été effectués par le personnel de l’Unité qui avait reçu un entraînement spécifique. Le nombre, le type des professionnels impliqués et le matériel nécessaire ont été décidés au préalable sur une base individuelle. Les données concernant les indications du transport et ses modalités ont été portées sur un rapport. Le rythme cardiaque, la saturation en oxygène et la FiO2 ont été notés avant et après le transport et pendant si nécessaire. Une désaturation a été définie par une SaO2 < 85 % pour les prématurés, < 92 % à terme, une hypothermie par une température < 36°, une hyperthermie au-dessus de 38°, une bradycardie < 90/mn à terme et < 80 pour les prématurés, une hypotension par une pression moyenne inférieure à la moyenne pour l’âge gestationnel corrigé et une hypertension par une PA systolique > 95 mm Hg à terme et > 85 mm Hg pour les prématurés.

Des effets indésirables dans un quart des cas, majoritairement sans conséquence

La sévérité des effets indésirables a été cotée : 1 sans conséquence, 2 conséquences bénignes : symptômes minimes, pas d’intervention ou minime, 3 conséquences de gravité modérée : symptomatiques, nécessitant une intervention, allongeant la durée d’hospitalisation, ayant des suites permanentes à long terme, 4 conséquences sévères : symptômes nécessitant une intervention médicale ou chirurgicale majeure, menaçant la vie avec séquelles permanentes, 5 décès.

Parmi les 1555 patients admis en néonatologie pendant 2 ans, 371 (24 %) ont subi 1 402 transports ; 990 cas (71 %) pour 293 nourrissons étaient suffisamment documentés. L’âge médian était de 38 semaines (EIQ 34-39), post-natal de 13 jours et le poids de naissance médian de 2 560 (1 595-3 210), post-natal de 2 960 g. Les principales raisons d’admission étaient une prématurité (105/293, 36 %), des malformations (69, 24 %), une asphyxie ou des convulsions (44, 15 %). Les raisons du transport étaient une IRM (28 %), une échographie (19 %), une chirurgie (aller 12 %, retour 9 %), une bronchoscopie (8 %) et autres. Au total, 25 % (n = 248) des transports ont été associés à un effet indésirable, sans conséquence (21 %), bénin (4 %), modéré (n = 4, 0,4 %) dont désaturation majeure (2), hypothermie (2). Aucun décès ni effet sévère n’ont été observés. Les facteurs prédictifs indépendants d’effets indésirables étaient un soutien hémodynamique par catécholamines, un cathéter veineux central, une durée du transport prolongée.

En conclusion, les transports de nouveau-nés à l’intérieur de l’hôpital sont associés à une proportion substantielle d’effets secondaires de gravité faible ou modérée.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Delacretaz R et coll. : Adverse events and associated factors during intrahospital transport of newborn infants. J Pediatr., 2022; 240: 44-50.

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