Travailler plus (longtemps) pour gagner plus : une question de génération pour les infirmières !

Paris, le mercredi 20 avril 2011 – C’est le 31 mars que s’achevait la procédure visant à permettre aux infirmières de la fonction publique hospitalière de faire le choix entre demeurer en catégorie B ou passer en catégorie A. Derrière cette formalité administrative deux choix de vie et de carrière : l’arrivée en catégorie A entraîne des augmentations de salaire, mais la fin d’une possibilité de départ à la retraite à 55 ans (ou 57 ans après l’entrée en vigueur de la réforme des retraites), tandis que la catégorie B maintient ce droit à un départ « anticipé » mais limite les évolutions de salaire. La mise en place de ce dispositif avait on s’en souvient suscité l’année dernière de vives protestations, les infirmières dénonçant le fait que sous couvert de revalorisations salariales et d’une meilleure reconnaissance de leur formation, leurs avantages en matière de retraite soient supprimés.

Un gouvernement trop optimiste

De nombreux syndicats prédisaient l’échec du gouvernement. Celui-ci tablait sur le passage de deux tiers des infirmières en catégorie A : une prévision qui aurait permis de restreindre les conséquences économiques de la réforme. Cependant, les pouvoirs publics ne semblent pas avoir assez tenu compte du nécessaire impact de l’âge des infirmières sur leur décision : or aujourd’hui un tiers de ces professionnelles exerçant à l’hôpital sont âgées de plus de cinquante ans.

Une question de génération

Les premiers chiffres livrés la semaine dernière par le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), l’Assistance publique des hôpitaux de Paris et hier par la Fédération hospitalière de France confirment le trop grand optimisme du gouvernement. Le SNPI a le premier déclaré qu’une infirmière sur trois avait fait le choix de passer en catégorie A, tandis qu’un tiers avait dûment indiqué sa volonté de demeurer en B et que le dernier tiers, resté muet, ne voyait pas sa situation évoluer. L’AP-HP, sollicité par l’Agence de presse médicale (APM) révélait des tendances un peu différentes, indiquant qu’une division en deux des effectifs infirmiers semblait s’être fait jour. Sur 23 442 infirmières, 18 191 ont fait valoir leur droit d’option. Les professionnelles ne s’étant pas déclarées demeurent en catégorie B. Parmi celles ayant fait connaître leurs choix : 11 752 ont souhaité passer en catégorie A et 6 443 demeurer en catégorie B, ce qui porte à 11 694 le nombre d’infirmières refusant de voir leur droit à la retraite modifié. L’AP-HP a par ailleurs précisé que l’âge semble l’un des principaux facteurs de décision : chez les jeunes diplômées âgées de 22 à 27 ans, moins de 10 % ont opté pour la catégorie B, tandis que chez celles nées avant 1968 la tendance est inverse.

Un gouvernement aux abonnés absent

La situation de l’AP-HP pourrait cependant ne pas refléter la situation globale en raison de la jeunesse de son personnel. Le dernier mot (face au silence actuel du ministère de la santé) semble devoir revenir à la FHF qui assure que plus de la moitié des infirmières a choisi de conserver le droit à une retraite avant soixante ans plutôt que de s’inscrire en catégorie A. Le responsable du pole ressources humaines à la FHF, Patrick Lambert a confirmé que l’âge a souvent été déterminant pour emporter la décision. Pour le syndicat CGT-Santé, ces résultats montrent que « la pseudo revalorisation n’a pas été aussi attractive que ne le pensait le gouvernement » dont la communication sur ce dossier a été plutôt absente.

Aurélie Haroche

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