Un Don Quichotte de la médecine repart en guerre contre les moulins à vent de l’Ordre

Saint Etienne, le mardi 24 décembre 2019 - Après le rapport accablant de la Cour des Comptes sur la gestion de l’Ordre, l’idée de dissoudre cette institution refait surface.

Le Pr Michel Debout (CHU de Saint-Etienne) qui mène ce combat à intervalles réguliers repart à l’attaque dans une tribune publiée par la revue « miroir social ».

Il rappelle : « en décembre 1974, nous avons été les premiers médecins à refuser de payer nos cotisations à l’Ordre, à la suite de la position d’une extrême violence qu’avait prise le Président de l’époque, le Pr Lortat-Jacob, contre le vote par le parlement de notre république de la Loi Veil alors en discussion ».

De Pétain à Mitterrand

Il souligne également, comme tous ses pourfendeurs, que l’Ordre a été voulu et créé par le Maréchal Pétain…et qu’il devait être dissous par François Mitterrand en 1981.

Aujourd’hui, selon le Pr Debout, « grâce au rapport de la Cour des Comptes », il est établi que cet organisme est non seulement « racketteur » mais aussi « nuisible pour la pratique des soins dans notre pays ».
 
Il s’explique : « c’est par un silence assourdissant qu’il s’est opposé à l’impéritie des pouvoirs publics face aux déserts médicaux. L’Ordre n’a pas défendu l’exercice médical libéral, malmené trop souvent par des conditions insécures de la pratique professionnelle ; il n’a pas dénoncé les pratiques sexistes et d’agressions sexuelles d’un trop grand nombre de professionnels ; enfin il n’a pas lutté contre les risques psycho-sociaux vécus par les praticiens hospitaliers, et notamment les Internes en médecine ».
 
Il appelle donc une nouvelle fois « les pouvoirs publics à dissoudre l’Ordre des Médecins, à nommer des administrateurs provisoires pour la mise en œuvre des mesures transitoires, et la préparation dans le même temps d’une nouvelle Loi portant sur « l’Organisation de la Profession Médicale », qui devra être votée dans un délai raisonnable pour laisser la place à un débat parlementaire et citoyen nourri, car il en va de l’avenir de notre profession, pierre angulaire de notre système de santé ».

Avant que soit prise cette très hypothétique décision (l’heure est plutôt à la multiplication des Ordre qu’à leur dissolution), ils demandent à ses confères de s’engager dans « une action de groupe pour obtenir réparation de la cotisation obligatoire qu’ils ont subi ces dernières années ».

Rappelons néanmoins, à ceux qui voudraient s’engager dans cette aventure que le Code de la Santé Publique dispose que « les cotisations sont obligatoires » et que la Cour de cassation a tranché en 1986 : « les médecins sont tenus, quelles que soient les prises de position de l'Ordre qu'il n'appartient pas aux tribunaux judiciaires d'apprécier, de payer la cotisation dont le recouvrement ne peut en aucun cas constituer une atteinte aux convictions personnelles ou à la liberté de pensée ».
 

X.B.

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Vos réactions (19)

  • Don Quichotte...

    Le 24 décembre 2019

    Si c'est le seul nom qui vous avez trouvé pour qualifier un homme qui a su conserver une conscience et une colonne vertébrale, c'est un honneur de le porter. Il est heureux qu'il reste des "Don Quichotte" pour sauver celui de la profession.

    J Sartre

  • Baisser les cotisations

    Le 24 décembre 2019

    Commencer par diminuer le paiement de nos cotisations de moitié.
    Cela éviterait la gabegie des conseils ordinaux départementaux régionaux et national.

    Dr Christian Dubreuil

  • Suggestions

    Le 24 décembre 2019

    Dissolution de ce conseil, non. Le réformer en profondeur oui. Son rôle doit être uniquement la déontologie dans l'intérêt des patients et des médecins. Supprimer les conseils départementaux. 80 % du travail est fait par des secrétaires compétentes. Ne laisser que des antennes départementales. Élire les conseillers régionaux au suffrage universel et non indirect. Diminuer le nombre de chambres disciplinaires de 1ère instance avec des assesseurs bien formés sans cumul des mandats. Élections des conseillers nationaux au suffrage direct.

    Dr François Copreaux

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