Un million de personnes recrutées pour bâtir la médecine prédictive

Birmingham, le mercredi 16 mai 2018 – Il y a dix jours, sept villes américaines connaissaient une effervescence particulière. Birmingham, Chicago, Detroit, Kansas City, Nashville, New York et Pasco participaient au lancement national d’un programme de recherche dont l’ampleur est inédite dans le monde. Préparé depuis plusieurs mois, par différentes expériences pilotes, « All of Us Research Program » élaboré et conduit par les Instituts nationaux de la santé (NIH) a pour ambition d’enrôler un million de participants. L’objectif : déterminer avec précision les différents marqueurs génétiques, sociaux ou comportementaux, qui favorisent le développement de certains facteurs de risque ou maladies ou au contraire qui semblent conditionner le maintien en bonne santé. Il s’agit d’accompagner l’essor de la médecine prédictive afin qu’elle puisse s’appliquer à un nombre plus large de pathologies et de personnes.

Une représentation fidèle de la nation dans la plus grande biobanque du monde

Doté de 1,45 milliards de dollars alloués pour une période de dix ans par le gouvernement américain, ce programme de recherche a déjà séduit 25 000 habitants. Ces derniers ont commencé à alimenter une base de données, ultra sécurisée, qui recense toutes les informations des dossiers médicaux électroniques, ainsi que des éléments recueillis régulièrement par questionnaire sur l’alimentation, le sommeil, l’environnement et d’autres aspects de la vie quotidienne. Des paramètres biologiques sont également recueillis à travers différents examens, mais aussi des capteurs connectés. Surtout, des prélèvements ADN vont être réalisés auprès d’un grand nombre de participants, afin de mettre en place une des plus importantes biobanques du monde. Un de ses objectifs sera notamment d’offrir une représentativité plus fidèle de la population américaine alors que trop souvent aujourd’hui les études cliniques et génétiques sont réalisées auprès de blancs.

Un projet sans précédent

Si le programme de recherche a une durée initiale prévue de dix ans, certains des résultats obtenus avant la fin du projet pouvant avoir un impact sur la santé des participants leurs seront immédiatement communiqués en collaboration avec leur médecin traitant.

Les recherches s’orienteront dans des domaines très variés, allant de la sensibilité particulière à certains médicaments à la prédisposition à différents cancers. « Il s’agit d’un projet très ambitieux, pouvant potentiellement révolutionner la façon dont nous étudions les maladies. Les efforts sans précédent du NIH jetteront les bases scientifiques d’une nouvelle ère de la médecine personnalisée. Nous sommes impatients de travailler avec des personnes de tous les horizons pour permettre ce grand pas en avant pour la santé de notre nation » a déclaré avec fierté et emphase Alex Azar, secrétaire d’État américain la santé.


Aurélie Haroche

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