Un prématuré presque à terme reste un prématuré

Il semble de plus en plus que l’optimisme qui entoure les prématurés « presque à terme » soit tout à fait déplacé. Après leur développement, c’est leur état à la naissance qui fait l’objet de réserves.

Une étude détaille le parcours néonatal de 1 381 prématurés de 34, 35 et 36 semaines, nés dans un centre pourvu d’une unité néonatale (UNN) capable de délivrer une ventilation mécanique conventionnelle (VMC).

Ces enfants représentaient 6,7 % des naissances sur une période de cinq ans.

La proportion de jumeaux n’est pas précisée ; celle des césarins était de 48 %.

Ils se répartissent en deux groupes de taille presque égale : ceux qui sont restés auprès de leur mère (49 %) et ceux qui ont été admis dans l’UNN (51 %). Les césarins étaient plus nombreux dans le deuxième groupe (58 % versus 38 % dans le premier groupe).

A quelques exceptions près, les enfants mis auprès de leur mère avaient des termes de 35 ou 36 semaines et sont sortis de la maternité avec elle au bout de 2 à 4 jours.

L’admission dans l’UNN était justifiée par la surveillance et les traitements.

A 34/ 35/ et 36 semaines, respectivement, 24 %/ 28 %/ et 17 % des enfants ont reçu une VMC sur place (de durée non précisée), et 16 %/ 20 %/ et 14 %, du surfactant, ce qui suggère qu’un certain nombre d’entre eux souffraient d’une maladie des membranes hyalines.

Des pneumothorax et des pneumomédiastins ont été observés chez 3,4 % des enfants, soit le triple du taux des pneumothorax spontanés du nouveau-né à terme. Un pneumothorax sur deux (12/24) a dû être drainé.

Des apnées sont survenues chez 9,5 % des enfants nés à 34 semaines et 4,8% de ceux nés à 35 semaines.

En revanche il n’y a eu qu’un sepsis et quelques suspicions d’infection. Si une antibiothérapie a été instaurée chez 43 % des enfants, elle a pu être interrompue au bout de 2 jours dans la majorité des cas.

La durée médiane du séjour dans l’UNN a atteint 11 jours à 34 semaines de terme, 6 jours à 35 semaines, et 3 jours à 36 semaines. La sortie était conditionnée par l’efficacité des tétées, et, pour les enfants qui avaient fait des apnées, par l’absence d’apnées pendant 5-7 jours.

La photothérapie a été très utilisée dans les deux groupes d’enfants.

En tout, 4,4 % des enfants (n=31) ont dû être transférés vers une unité de réanimation distante de 10 km pour une détresse respiratoire sévère, une entérocolite, une suspicion d’occlusion… Tous les enfants transférés ont survécu.

Malgré ses nombreuses lacunes, cette étude fournit des indications sur la morbidité néonatale de la prématurité « tardive ». Les prématurés presque à terme ne naissent pas toujours mûrs et bien portants. Une moitié ne peut rester à côté de sa mère, une césarienne et un terme de 34 semaines étant des facteurs de risque d’hospitalisation, et un cinquième a besoin d’une VMC.

La prématurité tardive ne doit pas être banalisée et les parents doivent être informés de la possibilité d’incidents en période néonatale.

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Vachharajani AJ, Dawson JG. Short-term outcomes of late preterm : an institutional experience. Clin Pediatr 2009 ; 48 : 383-388

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