Un traumatisme mineur au niveau des membres inférieurs suffirait à augmenter le risque de thrombose veineuse profonde

Les traumatismes et les lésions des membres inférieurs tendent à augmenter le risque de thrombose veineuse profonde (TVP). Cependant,  cette constatation émane principalement d’études dans lesquelles ont été inclus des sujets victimes de lésions cutanées et/ou osseuses sérieuses qui ont volontiers nécessité une intervention chirurgicale, susceptible de multiplier les facteurs de risque.

Les lésions des membres inférieurs moins sévères et plus courantes, voire mineures, du type contusion/déchirure musculaires ou encore entorse de la cheville ont-elles un impact significatif sur le risque de TVP ? Une étude de type cas-témoins de grande envergure tente de répondre à cette question. Il s’agit en l’occurrence de l’étude MEGA (Multiple Environmental and Genetic Assessment of risk factors for venous thrombosis), dans laquelle ont été inclus, d’une part des patients atteints d’une TVP inaugurale ou d’une embolie pulmonaire, d’autre part, des témoins. Ont été exclus les sujets atteints d’une pathologie maligne, mais aussi ceux qui avaient bénéficié d’une intervention chirurgicale récente, d’une contention par plâtre ou encore d’un alitement prolongé.

Sur 2 471 patients, 289 (11,7 %) avaient souffert d’une lésion mineure des membres inférieurs, dans les 3 mois précédant la TVP (versus 154/3534 chez les témoins, soit 4,4 % au moment où le questionnaire a été rempli). Les TVP ont été significativement associées à ces lésions mineures, l’odds ratio ajusté (ORA) étant en effet de 3,1, après ajustement en fonction de l’âge et du sexe. Cette association s’est avérée plus étroite en cas de lésions récentes (< 4 semaines) et non significative en cas de lésions plus anciennes (> 10 semaines). L’ORA s’est révélé encore plus élevé, soit 5,1 quand le membre inférieur était en cause, mais non significatif pour les lésions situées en d’autres parties du corps.

Chez les porteurs du facteur V de Leiden, l’ORA a atteint la valeur-record de 49,7 (versus les sujets non porteurs de cette anomalie biologique et indemnes de toute lésion des membres inférieurs). Les petites lésions touchant la jambe semblent exposer à un risque élevé de TVP. Leur grande fréquence mérite qu’elles soient prises en compte et traitées comme il se doit, avant qu’elles ne se compliquent d’une thrombose. Un bémol mérite d’être appliqué à ces résultats, du fait qu’ils émanent d’une étude de type cas-témoins.

Dr Philippe Tellier

Références
Van Stralen KJ et coll. : Minor Injuries as a Risk Factor for Venous Thrombosis. Arch Intern Med. 2008 ;168 :21-26.

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