Une bouffée d’espoir contre les symptômes de la ménopause

Les centres hypothalamiques de la thermorégulation sont stimulés par l'activation du récepteur neurokinine3 (NK3R) et inhibés par le feed-back négatif des estrogènes. Cet équilibre est interrompu par la ménopause. Ce processus est à l'origine des symptômes vasomoteurs des troubles du climatère. En pathologie, les mutations perte de fonction des gènes qui codent pour NK3R et son récepteur sont à l’origine d’hypogonadismes hypogonadotrophes.

Huit centres belges ont testé, entre septembre 2015 et octobre 2016, la sécurité et l'efficacité d'un antagoniste (voie orale) du récepteur NK 3R le fezolinetant chez les femmes ménopausées.

Les résultats de l’étude de phase 2A ont été mis en ligne en août 2019 par le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism.

L'étude en double aveugle avec randomisation vs placebo a duré 12 semaines. Elle a concerné des femmes âgées de 40 à 65 ans avec des symptômes climatériques modérés ou sévères.

Les critères d'évaluation étaient les troubles vasomoteurs (sévérité et fréquence relevées sur un journal électronique). Le critère principal de jugement était la différence sur ces items au bout de 12 semaines de traitement. Les critères secondaires étaient la vitesse de disparition des symptômes, les modifications de la qualité de vie. Une évaluation a été réalisée à la fin de la semaine 4, 8 et 12.

Réduction rapide et significative de la fréquence et la sévérité des troubles vasomoteurs

Cent-vingt deux femmes ont été incluses, 87 ont été randomisées et 80 (92 %) ont terminé l'étude. À la semaine 12, le traitement par fezolinetant avait réduit de manière significative le nombre total de bouffées vasomotrices vs placebo (-26,5 vs -12,2 P < 0,001).

On observait en outre une diminution de la fréquence des épisodes modérés à sévère de bouffées de chaleur par fezolinetant vs placebo. Sévérité et fréquence ont diminué dès le premier jour de traitement. Il était constaté une amélioration significative de tous les critères de qualité de vie et notamment des tests évaluant la qualité du sommeil. La tolérance a été bonne de manière globale hormis quelques troubles digestifs (6 sujets : inconfort digestif, diarrhée car présence du récepteur NK3R au niveau du tube digestif).

Ainsi, le fezolinetant réduit les troubles vasomoteurs modérées à sévères de manière rapide et significative sans effets secondaires notables dans les limites de l’étude. Parmi les signaux favorables, le produit ne réduit pas de manière significative le taux d’estradiol.

Si ces données se confirment, c'est un espoir thérapeutique concret pour les femmes qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas prendre de traitement hormonal substitutif, dont l’innocuité reste de fait débattue dans la littérature internationale, et pour lesquelles les traitements symptomatiques ne fonctionnent pas. Ce médicament n’exclut pas la nécessité de la prévention de l’ostéoporose par les moyens adéquats.

D’autres produits du même type sont en cours d’étude. D’autres essais concernent le syndrome des ovaires polykystiques.

Dr Edgard Kaloustian

Références
Depypere H et coll. :Treatment of Menopausal Vasomotor Symptoms with Fezolinetant, a Neurokinin 3 Receptor Antagonist: A Phase 2a Trial. J Clin Endocrinol Metabol., 2019 ; publication avancée en ligne le 15 août. doi: 10.1210/jc.2019-00677.

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