Une forme exceptionnelle de second cancer primitif après un cancer du sein

Le risque de survenue d’un nouveau cancer primitif est, par rapport à la population générale, plus élevé chez les patients qui ont déjà présenté un cancer, surtout traité par radiothérapie. S Jain et coll. rapportent toutefois une observation inhabituelle puisqu’il s’agit de l’apparition d’un cancer de la trachée à petites cellules chez une patiente traitée pour cancer du sein (KS).

Cette femme de 25 ans, non fumeuse, et sans antécédents personnels ni familiaux de cancer, a en effet présenté en 1995 un KS canalaire infiltrant T3N0, traité par mastectomie et curage axillaire, puis par chimiothérapie (CT), et enfin par radiothérapie (RT) : 25 séances de 200 cGy !

Suivie de façon régulière, elle consulte en 2005 alors qu’elle est en rémission depuis 10 ans, pour une dyspnée avec toux et  crachats sanglants. L’examen plaide pour une obstruction des voies aériennes supérieures, mais on ne note aucune récidive locorégionale du KS. Le scanner révèle la présence d’une masse endotrachéale de 12 mm au niveau de C7-D1dont le Pet-scan confirme le caractère hyperfixiant et l’absence de métastases à distance. La fibroscopie bronchique visualise cette lésion à 25 mm en aval des cordes vocales. Des prélèvements cytologiques et histologiques permettent d’évoquer un carcinome à petites cellules, ce que confirme l’immunohistochimie ; il s’agit donc d’un second cancer primitif métachrone de la trachée.

Le traitement a consisté en une RT de 5 600 cGy (protégeant la moelle, l’œsophage et les poumons) et une CT. Lors de la consultation programmée 6 semaines après la fin de ce traitement, il n’y avait plus aucune anomalie endoscopique ni radiographique.

Le cancer de la trachée, très rare, survenant en règle chez de grands fumeurs, est un cancer malpighien ; celui à petites cellules est tout à fait exceptionnel et n’avait encore jamais été rapporté dans les suites d’un autre cancer. Le traitement proposé a été imaginé par analogie avec celui du cancer du poumon à petites cellules.

Le risque de développer un second cancer primitif est majoré après une première localisation (12 % à 20 ans). La responsabilité de faibles doses de RT endommageant les tissus normaux à la périphérie de la zone irradiée a été évoquée, et serait compatible avec cette observation.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Jain S et coll. : Second primary small cell carcinoma of the trachea in a breast cancer survivor : a case report and literature review. Brit J Radiol., 2008;81:e120-e122.

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