Une forte mortalité après une chirurgie non cardiaque au Danemark

Plus de 310 millions d'interventions chirurgicales sont pratiquées chaque année dans les pays développés, avec un taux de mortalité hospitalier compris entre 1,5 % et 1,9 %. Les patients à haut risque représentent une proportion faible de la population chirurgicale mais comptent pour plus de 80 % des décès postopératoires. Une vaste étude de base de données a rapporté une mortalité postopératoire de 0,42 % dans la population standard des patients ayant subi une chirurgie et de 12,3 % dans celle à risque élevé.

L'objectif de cette étude de cohorte fondée sur le registre national danois des patients a été de caractériser les sujets admis en Réanimation (ICU) après une chirurgie non cardiaque et d'identifier les facteurs de risque associés à la mortalité à J30, J90 et à un an. Ont été inclus les patients âgés d’au moins 18 ans admis en ICU dans les 30 jours suivant une chirurgie non cardiaque pratiquée dans quatre hôpitaux de la région de la Copenhague (Danemark) entre janvier 2005 et décembre 2014, soient 3 311 patients (chirurgie gastro-intestinale 71,3 %, chirurgie orthopédique 18,4 %, chirurgie urologique 10,2 %) 

La question de la qualité du suivi

Pour l'ensemble de la population étudiée, la durée médiane de séjour à l'hôpital a été de 18 jours (9-36, 25-75ème centile) et de 2 jours (1-4, 25-75ème centile) en ICU. Les taux de mortalité à J30, J90 et 1 an ont été respectivement de 37,8 %, 44,5 % et 51,2 %. Le taux de mortalité en ICU a été de 22,3 %, tandis que le taux de mortalité à l'hôpital après la sortie de l’ICU a été de 19,4 %. L'âge plus élevé, les comorbidités, le retard d'admission en ICU, la chirurgie majeure en urgence et la chirurgie gastro-intestinale et orthopédique ont été associés à une augmentation de la mortalité à J30, J90 et à un an.

Une grande partie des patients sont décédés après leur sortie de l'ICU posant clairement la question de la qualité du suivi et de plus larges indications d’hospitalisation dans des unités de soins continu ! Et les auteurs d’abonder dans le sens de l'amélioration des facteurs de risque modifiables, de l'amélioration de la stratification du risque péri-opératoire, en particulier pour les patients à haut risque, afin de pouvoir identifier et traiter rapidement les complications postopératoires.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Ekeloef S, Thygesen LC, Gögenur I : Short- and long-term mortality in major non-cardiac surgical patients admitted to the intensive care unit. Acta Anaesthesiol Scand. 2019;63(5):639-646. doi: 10.1111/aas.13319

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