Une nouvelle technique d'imagerie pour visualiser les métastases ganglionnaires latentes des cancers prostatiques

Au cours des cancers prostatiques, la détection précise et précoce de l'envahissement ganglionnaire infraclinique est de la plus haute importance, car elle conditionne en partie, les stratégies thérapeutiques. Une technique d'imagerie non invasive semble prometteuse à cet égard. Il s'agit de l'IRM haute résolution réalisée après injection intraveineuse de nanoparticules supraparamagnétiques douées d'une haute affinité pour les tissus lymphatiques, tout particulièrement les ganglions. Celles-ci sont en effet acheminées vers ces sites ganglionnaires par transport passif au sein du compartiment interstitiel et lymphatique. La haute résolution spatiale des machines utilisées devrait permettre de détecter les métastases ganglionnaires de petite taille.

Une étude a précisé l'apport potentiel de cette technique chez 80 malades atteints d'un cancer prostatique T1, T2 ou T3. Dans tous les cas, une résection chirurgicale ou une biopsie des ganglions a été effectuée. L'IRM a été réalisée avant et 24 heures après l'administration intraveineuse des nanoparticules lymphotropes (soit 2,6 mg de fer par kg de poids corporel). Les images ont été corrélées aux données histopathologiques.
Sur les 334 ganglions analysés au terme de la biopsie ou de la résection chirurgicale, 63 (18,9 %) contenaient des métastases et concernaient 33 malades (41 %). Parmi ceux-ci, 45 (71, 4 %) n'étaient pas considérés comme malins, au vu des données fournies par l'imagerie traditionnelle. L'IRM effectuée après injection des nanoparticules supraparamagnétiques a correctement identifié tous les malades atteints de métastases ganglionnaire. L'analyse de chaque site ganglionnaire a confirmé la haute sensibilité de cette technique comparée à l'IRM conventionnelle, soit 90,5 % versus 35,4 % (p<0,001).

Les lésions ganglionnaires dont la taille est comprise entre 5 et 10 mm seraient donc accessibles à cette technique d'imagerie nouvelle. Les résultats sont certes encourageants, mais des études cliniques complémentaires sont à l'évidence nécessaires avant son introduction en pratique clinique courante. Il faut notamment préciser ses performances dans les métastases ganglionnaires de plus petite taille (de l'ordre de 2 mm) et procéder à une analyse coût-efficacité en raison de la lourdeur relative de l'exploration qui implique de réaliser deux IRM en 24 heures.

Dr Peter Stratford


Harisinghani MG et coll. : "Noninvasive detection of clinically occult lymph-node metastases in prostate cancer." N Engl J Med 2003;348:2491-2499. © Copyright 2003 http://www.jim.fr

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article