Urgences : la série continue

Paris, le vendredi 9 août 2019 - Cette fois-ci, l'été n'a pas apaisé la grogne, la mobilisation continue et la grève des services d'urgence, démarrée mi-mars, touche désormais 216 services (sur 640) selon le collectif inter-urgences.

Si à Paris, la mobilisation semble marquer le pas, avec sept services qui ont cessé la grève, elle connait un regain de vigueur en région.

Les revendications n'ont pas changé : obtenir une amélioration significative de l'accueil des patients d'une part grâce à des recrutements de personnels et l’ouverture de lits et des conditions de travail des soignants d'autre part à travers une augmentation de 300 euros des salaires.

Ne plus laver le linge sale en famille

Pour Hugo Huon, porte-parole du collectif, si la grève continue, c’est en raison de « la gestion (…) catastrophique d’Agnès Buzyn qui a mis très longtemps à prendre la mesure » de la crise. « Le ministère de la Santé a annoncé débloquer une enveloppe de 70 millions d'euros sur 80 milliards d'euros de budget de l'hôpital. Vous trouverez que cela pèse lourd » raille-t-il.

Autre signe que la fin de la contestation n'est pas à l'ordre du jour : le collectif Inter-Urgences lancera dans quelques heures un site internet, dans l'optique de fédérer davantage les unités grévistes et de dénoncer les maltraitances institutionnelles. « Cela nous permettra d'avoir une meilleure synthèse de ce qui se passe dans les services », explique aussi Hugo Huon à BFMTV. « L’idée, ce n'est plus de laver le linge sale en famille » résume-t-il.

On note aussi un soutien marqué des populations. Outre le cas particulier de la Guadeloupe, des rassemblements ont ainsi eu lieu devant les urgences de Sisteron et de Saint-Foy-la-Grande qui, faute d’agents en nombre suffisant, ferment leurs portes de 18h30 à 8h30 ! « Des horaires de supermarché » selon la formule de Cédric Volait, coordinateur CGT santé pour la région Paca.

Pas sûr, dans ce contexte de fronde, que les premières préconisations de la mission Carli qui doivent intervenir à la fin de l’été permettent d’apaiser les urgences.

X.B.

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