Urgences : pas de miracle mais de la haute-couture

Paris, le vendredi 2 août 2019 – En visite dans une base de loisirs des Yvelines, où elle devait parler du risque de noyade, le ministre de la Santé a été invitée à réagir aux derniers développements de la grève qui poursuit sa lente contagion et concerne désormais 213 services d’accueil des urgences (SAU) en France.

Comme lors d’une visite en Corse, fin mai, Agnès Buzyn a réaffirmé : « il n'y a pas de solution miracle ». Elle a cependant exprimé son souhait de faire de la « la haute-couture » et de prendre le problème par la base, SAU par SAU. 

« J'ai demandé aux directeurs d'hôpitaux et aux directeurs des Agences régionales de Santé de se rapprocher des services en grève pour voir quelles étaient exactement leurs attentes, parce qu'en réalité elles sont assez variées » a-t-elle poursuivi.

« Dans certains cas c'est du personnel paramédical manquant, dans d'autres cas des postes sont ouverts mais ils n'arrivent pas à recruter, d'autres encore mettent en avant la vétusté des locaux. On voit donc bien que d'un site à l'autre, les solutions qu'on doit apporter sont variables ».

Sur le plan plus global, elle a rappelé la nécessité d’une réorganisation du « système de santé ».

« Il y a toujours une crise qui persiste, et il y a la nécessité de repenser l'organisation des systèmes de santé pour que les services d'urgence ne soient pas saturés en permanence » a ainsi affirmé Agnès Buzyn.

Sur ce point, pour apaiser la colère du personnel hospitalier, Agnès Buzyn a déjà promis 70 millions d'euros d'aide, dont notamment 55 millions dédiés au versement d'une prime de risque mensuelle de 100 euros. « Cet argent-là, en avez-vous vu la couleur ? » avaient tonné en début de semaine des représentants du collectif inter-urgence.

A cette interrogation elle a répondu « pour ceux qui n'ont pas reçu cette prime, il y aura un rattrapage fin août ».

Nul doute que les bulletins de paie seront scrutés à la fin de l’été !

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • A côté de la plaque...

    Le 03 août 2019

    Non, Mme Buzyn, les demandes ne sont pas variées...le système de "l'urgence avant tout", et seulement de l'urgence est étouffé par les fermetures de lit, la défection des généralistes ou leur disparition, les économies de personnel, des salaires de médecin indignes non revalorisés depuis 25 ans. Il faut y ajouter l'absence de "tri" pour les admissions à l'urgence vraie (avec un accueil médicalisé des urgences qui n'en sont pas...), et peut-être en plus ce que vous citez, la modernisation de certains locaux par exemple (...mesures qui ne vaincront certainement la crise d'un système à bout de tout). Il faut de grandes réformes, pas des mesurettes où ça crie le plus fort!

    Dr Astrid Wilk

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