Vaccin pour tous ou chacun pour soi ?

Paris, le lundi 29 juin – Les appels à lutter contre le « nationalisme vaccinal » se multiplient en vain, les États préférant donner la priorité à leurs citoyens pour l’accès au futur vaccin contre la Covid-19.  Alors que la crainte d’une seconde vague se précise, le cap des 500 000 morts est atteint.

Une tribune pleine de bonne volonté mais qui restera sans doute lettre morte. Dans un texte publié dans le Journal du dimanche, 13 dirigeants d’ONG (Oxfam France, Médecins sans Frontières…) dont deux anciennes ministres appellent à lutter contre le « nationalisme vaccinal » et la course aux profits. Tandis que les laboratoires publics comme privés du monde entier travaillent d’arrache-pied pour être les premiers à élaborer un vaccin contre la Covid-19, les auteurs de la tribune souhaitent que ce futur vaccin ne soit pas réservé aux populations des pays les plus riches.

Un vaccin européen pour les Européens

« Ce vaccin sera un bien public mondial (…) il faut agir pour créer les conditions d’un accès universel (…) et garantir que les prix des vaccins soient abordables pour tous les pays et toutes les populations » expose la tribune. Mais comme le constatent eux-mêmes ces ONG, malgré les discours pleins de bonne volonté entendus dans les sommets internationaux, partout le repli sanitaire gagne du terrain.

Si la décision de Sanofi, début-mai, de donner la priorité aux Américains (qui financent ses recherches) dans l’accès à un futur et éventuel vaccin contre le coronavirus avait provoqué un tollé général (en France), rien n’a été dit ou presque quand la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas ont commandé 400 millions de doses pour leurs concitoyens à la société AstraZeneca pour un autre vaccin lui aussi en cours d'investigation. Ce vendredi, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen a enfoncé le clou en rappelant que le vaccin élaboré à l’aide des subsides européens sera « réservé aux Européens », bien qu’elle n’ait pas exclue, sans beaucoup de précisions, une « aide aux pays pauvres ».

Interrogé sur les antennes de France Inter, la présidente de la Commission a également appelé de ses vœux une plus grande coopération européenne dans le domaine de la santé, notamment pour prévenir une éventuelle seconde vague et ce alors que les institutions européennes sont restées relativement inaudibles durant la crise sanitaire.

Retour partiel du confinement en Chine et aux Etats-Unis

La crainte d’une éventuelle seconde vague, est dans toutes les têtes, alors que le monde vient de passer deux caps symboliques, celui des 10 millions de cas confirmés et celui des 500 000 morts depuis le début de la pandémie.

A Pékin, où le nombre de contaminations connait un sursaut depuis deux semaines, la situation est « grave et complexe » selon les autorités. Certains quartiers ont été reconfinés, des écoles fermées et un dépistage massif des Pékinois a été lancé (déjà 7,5 millions de tests effectués).

C’est désormais la situation de la ville de Anxin, dans la banlieue de la capitale, qui inquiète : les 500 000 habitants de la cité ont été placés en confinement après la découverte de 11 nouveaux cas.

Aux Etats-Unis, la flambée épidémique se poursuit dans le sud et l’ouest du pays. 10 000 nouveaux cas ont ainsi été détectés en 24 heures dans le seul État de Floride. Plusieurs États ont remis en place des mesures de confinement, après avoir cru maitriser l’épidémie. C’est le cas notamment au Texas où le gouverneur Greg Abott a annoncé la fermeture des bars et des restaurants avant de s’excuser pour avoir mis fin au confinement trop tôt.  

QH

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