Vaccination contre le HPV : les garçons aussi ?

Washington, le mercredi 26 octobre 2011 – La campagne électorale américaine est bien plus souvent qu’en France agitée par des questions relatives au mœurs. Si les débats autour de l’avortement ne font plus autant recettes qu’auparavant, d’autres sujets tiennent une place de choix dans les discussions. Ainsi, plusieurs candidats à l’investiture républicaine se sont récemment élevés contre la vaccination par le HPV des jeunes filles, accusée d’encourager des comportements sexuels trop relâchés.

Des cancers oropharyngés liés aux HPV en très forte hausse

Ces derniers ont cependant déjà cours comme l’a récemment révélé une étude menée par des chercheurs américains dans trois régions (Hawaï, Iowa et Los Angeles) et publiés de façon avancée en ligne dans le Journal of Clinical Oncology début octobre. Il s’agissait de déterminer la prévalence des HPV dans les cancers oropharyngés. Il est apparu qu’entre 1988 et 2004 l’incidence des cancers positifs pour les HPV a progressé de 225 % ! Pour les responsables de ces travaux (menés à partir d’un échantillon restreint de 271 patients), ces résultats pourraient inciter à relancer le débat quant à l’opportunité de vacciner les garçons contre le HPV (si l’efficacité de cette vaccination face aux cancers oropharyngés était dûment confirmée). En effet, les jeunes hommes sont les premières victimes de ce type de cancers.

Protéger les femmes et les garçons

Il ne leur aura guère fallu attendre longtemps pour que leurs propositions soient entendues. Hier, en effet, le Centre national d’immunisation et des maladies respiratoires des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains s’est prononcé en faveur d’une vaccination des garçons à partir de l’âge de onze ou douze ans. Parmi les arguments retenus par cet organe des CDC figure la nécessité de protéger les femmes (dont la couverture vaccinale aux Etats-Unis est largement insuffisante) mais également les hommes des cancers liés au HPV. En France, le débat est bien loin d’avoir atteint ce niveau et seule l’Autriche à ce jour recommande officiellement la vaccination des filles et des garçons.

Aurélie Haroche

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