Vaccination contre le papillomavirus : passé, présent, futur

Certains virus de la famille des papilloma virus humain (Human Papilloma Virus HPV) sont responsables d’une maladie sexuellement transmissible (MST) qui peut parfois se manifester par des lésions précancéreuses et cancéreuses, dans diverses localisations, mais surtout au niveau du col utérin ; l’infection à HPV est ainsi la cause principale du cancer du col de l’utérus (KCU).

La vaccination contre le HPV dans les deux sexes a fait la preuve de son innocuité et de son efficacité mais elle reste encore « sous pratiquée » et controversée, du fait d’obstacles psychologiques et financiers.

Il existe 3 vaccins sur le marché, tous 3 recombinants et adsorbés ; deux sous le nom de Gardasil® (un pour les types 6, 11, 16, 18, l’autre y associant les types 31, 33, 45, 52, 58) et un sous celui de Cervarix® (types 16, 18). Ils sont composés de pseudo-particules virales (PPV), ne contenant pas d’ADN viral et ne pouvant donc pas provoquer de maladies.

L’objectif est de vacciner les jeunes enfants pré-nubiles des 2 sexes mais aussi de pratiquer des vaccinations de rattrapage chez les adolescents et adultes jusqu’à 45 ans. Il y a un rappel à plus de 6 mois pour ceux vaccinés avant 14 ans et deux pour les vaccins plus tardifs.

Dans les pays à forte morbidité mais à faibles revenus, il a été démontré qu’une dose unique était protectrice. De plus, l’immunité reste acquise au moins dix ans, ce qui conduit à rediscuter le bénéfice de la revaccination, en raison de son coût.

Aux États-Unis, le taux de vaccination varie selon les États, de 78 % à Washington DC à 29 % dans le Mississipi. Il est plus élevé chez les filles, et dépend aussi du niveau socio-économique et de l’ethnie (plus important chez les Noirs et Hispaniques que chez les Blancs), plus fort en ville qu’en milieu rural.

Vers une éradication du cancer du col ?

La vaccination anti-HPV a considérablement réduit l’incidence des verrues génitales, des lésions précancéreuses du col utérin, des dysplasies de type néoplasie intra-cervicale (CIN). Pour le KCU, on manque encore de recul. Cependant, les femmes vaccinées vers 12 ans nées en 1995 ont 89 % moins de CIN que celles nées en 1988 avant la vaccination. On peut prévoir une chute drastique des taux de CIN de haut grade avec la poursuite des campagnes de vaccination, ainsi que des KCU in situ et des verrues anogénitales. Les effets indésirables du vaccin (céphalées) sont peu durables et ne peuvent aller contre ses avantages.

Dans l’avenir, les chercheurs australiens ont prédit l’éradication totale du KCU sur leur continent à l’horizon 2040. De plus d’autres vaccins sont en phase de recherche, visant plus spécifiquement le type 58 de l’HPV, répandu en Asie. On cherche aussi à développer les vaccins unidoses, sans rappel, moins coûteux. On peut penser que les campagnes pour stimuler le vaccin anti-HPV aboutiront sous peu à ce que sa couverture soit, équivalente chez les adolescents à celles des vaccins anti-poliomyélite diphtérie tétanos ou anti-méningocoque.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Dilley S, Miller KM et Huh WK : Human papillomavirus vaccination: ongoing challenges and future directions. Gynecol Oncol., 2020;156(2):498-502.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article