Valproate de sodium et grossesse : la transmission de l’information en question

Paris, le jeudi 28 mai 2015 - Alors qu’a été révélée la semaine dernière la première plainte d’une femme, dont le traitement par Dépakine n’a pas été interrompu pendant ses grossesses il y a 16 et 13 ans et dont les deux enfants sont atteints de spina bifida, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) fait part d’un « renforcement des conditions de prescription et de délivrance » des médicaments contenant du valproate de sodium. Il est clairement précisé que ces spécialités doivent être prohibées chez les femmes en âge de procréer et qui plus est enceintes, « sauf en cas d’inefficacité ou d’intolérance aux alternatives médicamenteuses ». Pour ces cas, la prescription est réservée aux spécialistes (neurologue, psychiatre et pédiatre) et doit fait l’objet « d’un accord de soins après information complète de la patiente ». D’autres détails sur les conditions de mise en œuvre et de contrôle du traitement sont précisés, notamment dans une lettre qui a été adressée aux professionnels de santé en décembre (à l’issue d’une nouvelle réévaluation par les instances européennes). Cette annonce ne doit cependant pas préjuger d’un réel défaut d’information sur les risques tératogènes de ces médicaments, dénoncés par certaines familles et leurs avocats. L’Agence rappelle en effet que « le risque tératogène est mentionné dans l’information mise à disposition depuis 1986 et a été précisé à plusieurs reprises depuis ». Voilà qui tempère l’affirmation selon laquelle les risques auraient été dissimulés. Maître Joseph-Odin en pointe dans ce dossier affirme cependant, dans une interview accordée à Pourquoi Docteur que « les effets tératogènes (…) sont restés longtemps minimisés dans le Vidal. D’ailleurs, les cas prouvent que le message n’est pas du tout passé, puisque les familles que je représente n’ont jamais été informées des risques liés aux grossesses sous Valproate de sodium. (…). Dans les faits, les effets de l'exposition des foetus au Valproate n’ont pas été communiqués auprès des prescripteurs. (…) Ce n’est qu’en 2006 que les autorités ont clairement recommandé de ne pas délivrer ce médicament chez les femmes en âge de concevoir. Les prescripteurs, eux, n’ont été informés par courrier qu’en 2014 » déplore-t-il.

M.P.

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