Vers une contraception d'urgence simplifiée

La contraception d'urgence ou post-coïtale repose, selon les AMM, sur la prise dans les 72 heures d'un rapport non protégé de 2 cp de 0,75 mg de lévonorgestrel à 12 heures d'intervalle (Norlevo) ou sur celle de 4 cp d'une association d'éthynilestradiol et de lévonorgestrel en deux prises à 12 heures d'intervalle.

Une vaste étude multicentrique internationale conduite sous l'égide de l'OMS dans 15 centres de planning familial devrait conduire à simplifier ces schémas.
Chez 4136 femmes en bonne santé consultant dans un centre de planning pour obtenir une contraception d'urgence dans les 5 jours suivant un rapport non protégé 3 protocoles ont été comparés de façon randomisée :
- deux doses de 0,75 mg de lévonorgestrel à 12 heures d'intervalle selon le schéma classique ;
- une dose unique de 1,5 mg (2 cp) ;
- une dose de 10 mg de mifépristone (rappelons que la posologie de cet anti-progestatif recommandée pour une interruption de grossesse est de 600 mg).

Une association d'éthynilestradiol et de lévonorgestrel n'a pas été testée dans cet essai, car jugée moins efficace et moins bien tolérée dans des études antérieures que le progestatif seul.

Les effets secondaires ont été modérés avec les 3 protocoles.

En terme d'efficacité les résultats ont été équivalents avec les trois traitements (21 grossesses sur 1359 femmes traitées par mifépristone, 20 sur 1356 avec la dose unique de lévonorgestrel et 24 sur 1356 avec le protocole classique ; p=0,83). Le taux de grossesse était évidemment plus élevé (2,19 à 2,67 %) lorsque cette contraception était administrée 4 à 5 jours après un rapport non protégé que dans les 72 premières heures (1,34 à 1,69 %). De même l'efficacité était moindre lorsque un (ou plusieurs) nouveau rapport intervenait avant la date prévue des règles (taux de grossesse de 2,7 % contre 1,1 % sans nouveau rapport).

La plupart des femmes ont été réglées dans les deux jours de la date prévue mais de façon un peu plus précoce avec le lévonorgestrel, ce qui pourrait constituer un discret avantage.

Au total, 1) la contraception d'urgence semble efficace après le délai classique de 72 heures et au moins jusqu'au 5ème jour, 2) une seule prise de 1,5 mg de lévonorgestrel semble possible ce qui simplifierait le protocole et améliorerait l'observance, 3) de très faibles doses de mifépristone ont des effets équivalents à ceux du lévonorgestrel.
Compte tenu des implications médico-légales de ce type de traitement, ces nouveaux protocoles ne pourront s'appliquer en France qu'après modifications des AMM.

Dr Céline Dupin


Von Hertzen H. et coll.: "Low dose mifepristone and two regimens of levonorgestrel for emergency contraception: a WHO multicentre randomised trial." Lancet 2002; 360: 1803-10. © Copyright www.jim.fr 2002.

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