Vers une normalisation européenne de l’homéopathie ?

Paris, le mardi 11 février 2014 – Faire l’Europe de l’homéopathie : c’est le grand projet du Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF). Il n’existe en effet en la matière aucune cohérence communautaire, tant et si bien que le SNMHF n’hésite pas à parler, non sans humour, « d’auberge espagnole », insistant encore sur le fait qu’on trouve dans les pays membres de l’Union « toutes les situations possibles et imaginables ». Face à cette disparité et afin que cette diversité n’inspire pas à certain l’idée d’imposer une vision non médicale de l’homéopathie, le SNMHF milite pour « une reconnaissance exclusive de l’homéopathie médicale ». Difficile de savoir si cette optique sera retenue, mais le SNMHF a déjà obtenu une première victoire avec la décision de la Commission européenne de normalisation de se pencher sur le sujet en lançant récemment une réflexion sur cette pratique. 

Les homéopathes invités à balayer devant leur porte !

Soutenu par les praticiens, ce projet suscite un enthousiasme plus modéré du côté des pharmaciens. Ces derniers se montrent notamment réservés quant à la méthode employée par les médecins : ils regrettent que ces derniers ne les aient pas associés à leur action. « Il faudrait se réunir autour d’une table et mener une réflexion interprofessionnelle, ce qui nous permettrait d’aboutir à un résultat concret » souligne ainsi cité par le Quotidien du pharmacien, Didier le Bail, vice-président du Syndicat national de la préparation de l’homéopathie (SNPH). Ce dernier doute par ailleurs que la voie européenne soit la meilleure pour conduire une réflexion sur cette pratique, notamment en raison de la diversité des pratiques observée dans les états membres et sur le poids très différent d’un pays à l’autre de l’homéopathie. Outre ces critiques quant à la méthode, Didier le Bail use d’un ton plus vindicatif quand il s’interroge sur les pratiques des médecins homéopathes. « Nos collègues médecins homéopathes devraient commencer par se demander pourquoi certains patients sont plus enclins à consulter des non-médecins plutôt qu’eux. Régulièrement, au comptoir, je constate ce qui pourrait être considéré comme des dérives dans la pratique de certains homéopathes » relève-t-il.

Des commentaires qui laissent peu de doute sur le fait qu’il n’existe toujours pas de traitement contre les conflits interprofessionnels. Car si tel était le cas, sans doute faudrait-il l’administrer à des doses plus qu’homéopathiques.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Dangers de l'homéopathie

    Le 12 février 2014

    Ce ne sont pas les poudres de perlimpinpin dîtes homéopathiques qui sont dangereuses puisqu'il n'a rien dedans. Ce sont les médecins qui pratiquent l'homéopathie qui sont des dangers publics. Il est impossible de croire en même temps dans la médecine et dans l'homéopathie. C'est antinomique ! Comme les parallèles, elles ne peuvent jamais se rencontrer. Un médecin homéopathe doit rejeter de son cerveau tout ce qu'il a appris lors de ses études. De ce fait, il devient incapable de poser un diagnostic d'affections courantes. Il serait d'ailleurs bien incapable de passer un examen clinique de fin d'études.
    J'ai perdu deux malades jeunes "traitées" par homéopathie et que je n'ai jamais pu rattraper.
    Je comprend les gens qui s'adressent à des non-médecins car ceux-ci ont en général du bon sens et ils savent "passer la main" quand ils rencontrent des malades dont ils ne comprennent pas le problème. Jamais un médecin homéopathe ne s'abaisserait à de tels gestes !
    Au fait, pourquoi ces brillants médecins ne s'occupent-ils jamais d'urgences ?
    Dr Guy Roche

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