Vincent Lambert : le CHU de Reims en appelle au ministère de la Santé

Reims, le jeudi 23 juillet 2015 – Coup de théâtre ce jeudi au CHU de Reims. Le docteur Daniéla Simon, responsable du service de soins palliatifs qui prend en charge Vincent Lambert avait convoqué l’ensemble de sa famille afin de les « informer des conclusions de la procédure collégiale menée et de la décision » qu’elle aurait prise. Il ne faisait guère de doute, tant pour les opposants à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation au sein de la famille, que pour ses partisans, que la fin de ces « traitements » serait annoncée, au vu de l’état du malade et des précédents judiciaires. Pourtant, le docteur Simon vient d’indiquer que l’alimentation et l’hydratation ne seraient pas (pour l’heure) interrompues. Le praticien a indiqué qu’allait être saisi le procureur de la République afin qu’un représentant légal de Vincent soit nommé et qu’il puisse bénéficier d’une protection globale (en raison des menaces d’enlèvement qui pèseraient sur lui). Le médecin a également précisé qu’elle allait en référer à son ministre de tutelle. Ce choix totalement inattendu signe le refus du CHU de Reims de prendre la responsabilité d’un acte qui est l’objet de tant de passions et qui l’expose chaque jour depuis des mois aux récriminations des uns et des autres, tandis qu’il est également la cible d’acteurs extérieurs à la famille. Un communiqué du CHU de Reims indique ainsi très clairement que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de la procédure ne sont pas réunies ». Parmi les nombreuses situations de tension répertoriées, on pourrait citer l’organisation aujourd’hui d’une manifestation par un groupe de soutien aux parents de Vincent composé d’intégristes religieux catholiques prévue à 14h30, tandis que le site Pourquoi Docteur révèle que circulent sur internet des propositions détonantes « pour sauver Vincent Lambert » telle celle de bloquer l’approvisionnement du CHU de Reims...

Une position particulièrement difficile pour le ministre de la Santé

La responsabilité, elle aussi inédite, qui pèse désormais sur le ministère de la santé donne plus que jamais une dimension politique à cette affaire. Difficile de déterminer quelle sera la réponse du ministre, qui avait laissé échapper il y a quelques semaines que les volontés de Vincent Lambert étaient sujettes à interprétation (ce qui n’avait pas manqué d’être répété et exploité grossièrement par les membres de la famille opposés à « laisser mourir » Vincent Lambert). Quel que soit son choix (ne pas suspendre l’alimentation, préférer « appliquer » les décisions des médecins confortées par la justice ou en référer à une autre instance), elle sera exposée aux critiques et ne peut l’ignorer, alors que la question de l’accompagnement de la fin de vie demeure un sujet complexe pour le gouvernement.

Léa Crébat

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