Vingt-six mille enfants d’Europe en surpoids

Afin de préciser les conséquences en matière de risque cardiovasculaire de la surcharge pondérale chez l’enfant,  des auteurs suisses, autrichiens et allemands ont exploité une très large population puisque constituée de 26 008 enfants (56 % de filles) âgés de 12,6 ± 2,9 ans (extrêmes : 1-19,98 ans) venus consulter pour surpoids entre janvier 2001 et juillet 2006 dans 98 centres spécialisés européens.

Le surpoids était défini par un indice de masse corporelle, IMC, dépassant le 90e percentile sans atteindre le 97e), l’obésité par un IMC au-dessus du 97e percentile et au-dessous du percentile 99,5 et l’obésité extrême par un IMC supérieur au percentile 99,5 (correspondant ici à un IMC dépassant 40). Dans l’ensemble de la cohorte, l’ IMC moyen était de 29,4 ± 2,34, 5,9 % des enfants ayant un poids normal, 15,6 % étant en surpoids, 41,3 % obèses et 37,2 % (dont 41 % des filles) extrêmement obèses.

Près de la moitié des sujets avaient au moins un facteur de risque cardiovasculaire et 11 % au moins deux. Ainsi, on retrouvait une augmentation de la pression artérielle (PA), dépassant le 95e percentile des références européennes, chez 35,4 % des enfants ; une dyslipidémie (définie selon les critères de l’American Heart Association) pour 32 % des sujets, affectant le cholestérol total, au-dessus de 5,18 mmol/l (14,1 % des enfants), le LDL  cholestérol, au-dessus de 3,4 mmol/l, (15,8 %), le HDL-cholestérol, au-dessous de 0,9 mmol/l (11,1 %), les triglycérides, au-delà de 1,71 mmol/l (14,3 %) ; une intolérance au glucose, selon les critères OMS, avec une altération du métabolisme du glucose chez 3,3 % et une suspicion de diabète chez  0,7 %.

Le degré de surpoids est apparu, d’une part, inversement associé au taux de HDL-cholestérol et, d’autre part, directement corrélé à l’agrégation des facteurs de risque cardiovasculaire,  à l’altération du métabolisme du glucose, à l’augmentation de la PA et des triglycérides.En revanche, il n’a pas été retrouvé de relation entre IMC et LDL-cholestérol.

Cette étude, remarquable par la grande taille de sa population d’enfants en surpoids montre à nouveau la prévalence élevée des facteurs de risque de maladie cardiovasculaire sur ce terrain, ce qui plaide pour le dépistage de ces facteurs de risque chez tous les enfants en surpoids ou obèses.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
L’Allemand D et coll. Cardiovascular risk in 26 008 European overweight children as established by a multicenter database. Int J Obes, 2008 ; 16 : 1672-9.

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