Visuchir sera-t-il le dieu de la chirurgie ambulatoire ?

Paris, le samedi 22 décembre 2018 – La France a longtemps été considérée comme en retrait par rapport sur la chirurgie ambulatoire. La recherche d’économies et les atouts médicaux de cette pratique (en termes de limitation des infections nosocomiales notamment) ont conduit les pouvoirs publics à favoriser cette approche. Ainsi, depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, certains établissements sont contraints de demander une autorisation préalable pour toute chirurgie programmée supposant une hospitalisation, « alors qu’il en est dispensé dans le cas où le patient est pris en charge en ambulatoire » précise l’Assurance maladie. Quelques années plus tard, en 2014, les tarifs de la chirurgie ambulatoire et de la chirurgie classique ont été alignés, accroissant l’attractivité de la première. Ces différentes mesures ont contribué à faire de la chirurgie ambulatoire la pratique majoritaire depuis 2016 « avec un taux national de (…) 54,7 % en 2017 » indique encore l’Assurance maladie.

36 millions d’actes chirurgicaux

Alors que le ministère de la Santé s’est fixé pour objectif une progression de 3 % par an en vue d’atteindre 70 % d’interventions réalisées en ambulatoire à la fin 2022, de nouveaux outils doivent être déployés. L’Assurance maladie vient ainsi de mettre en ligne l’outil Visuchir, une application qui permet à tous les établissements de mesurer leur activité chirurgicale ambulatoire et celle des autres. Visuchir se base sur les données des quatre dernières années disponibles (2014-2017) et 36 millions d’actes chirurgicaux. Il permet de connaître pour chaque établissement le volume chirurgical, les types d’acte, les caractéristiques médicales des patients, le taux de l’activité ambulatoire et les performances dans ce domaine, les durées de séjour conventionnel et offre une analyse des potentiels de développement à partir de différents outils statistiques.

Un outil pas un impératif

Les objectifs de ce système sont multiples. Il se veut un dispositif de dialogue entre les responsables hospitaliers et les « représentants de l’assurance maladie régionale, de l’agence régionale de santé ». Il a également vocation à devenir un outil permettant aux décideurs des établissements de santé et aux médecins de construire leur stratégie en vue de développer leur activité. Même si l’on peut considérer que ce dispositif pourrait dans de multiples cas contribuer à comprendre pourquoi dans des établissements recevant certains types de patients un plus large développement de la chirurgie ambulatoire est illusoire. L’Assurance maladie a évidemment pour ambition un essor de cette pratique. Elle rassure cependant : « L’outil Visuchir n’est pas un outil normatif qui remplace le dialogue, c’est un outil d’aide à la décision qui ne se substitue pas à la propre réflexion des acteurs et à l’élaboration d’un plan d’action. Ce n’est pas un outil qui mesure la qualité des pratiques, ni la pertinence des actes. Ce n’est pas un outil qui impose des taux cibles de développement ». En espérant que ces précisions rasséréneront les plus inquiets, l’Assurance maladie vante un système, selon elle,  simple et rapide à utiliser et assez exhaustif.

Léa Crébat

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