Y aura-t-il du boeuf à Noël ?

Washington, le mercredi 24 décembre 2003 - Témoin de la tension qui existe actuellement outre-Atlantique, les premières paroles du secrétaire d'Etat à l'Agriculture des Etats-Unis, à l'heure d'annoncer la découverte d'un premier cas de vache folle sur le territoire américain : «Il ne s'agit pas d'un cas d'origine terroriste » a tenu à rassurer Ann Verevan. Puis connaissant ses compatriotes et leur amour des traditions, elle a souligné : «Les Américains peuvent manger sans crainte du boeuf à Noël ».

Derrière les mots apaisants de la secrétaire d'Etat, et cette apparence de quiétude, la situation est cependant beaucoup plus inquiétante. Le 9 décembre, des premières analyses réalisées par des laboratoires américains confirment la contamination par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, dite maladie de la vache folle) d'une vache d'une ferme de Mapleton, située à 65 km de la ville de Yakima dans l'état de Washington. Des échantillons sont alors immédiatement acheminés par un avion militaire en Grande-Bretagne où sont situés les laboratoires les plus performants dans ce domaine. Les résultats des analyses réalisées en Angleterre ne sont toujours pas connus, mais le gouvernement américain a tenu à confirmer la nouvelle dès aujourd'hui, confiant quant à l'exactitude des premiers tests.

On ne sait pour l'heure s'il s'agit d'un cas isolé, mais dès aujourd'hui, il est certain que les conséquences économiques d'une telle annonce seront très importantes. Plusieurs pays d'Asie, qui comptent parmi les plus gros importateurs de viande américaine, ont déjà annoncé qu'ils fermaient leurs frontières au boeuf de l'Oncle Sam. Le Japon qui a été le premier à faire part de cette décision a en effet été suivi ce matin par la Malaisie, Taïwan, Singapour, Hong Kong, et la Corée du Sud. Le Canada, qui a également enregistré récemment son premier cas de vache folle, a annoncé pour sa part qu'il préférait attendre la confirmation de l'existence d'autres cas avant de prendre une décision quelconque. La clémence d'Ottawa est particulièrement remarquable quant on sait qu'au début de l'automne, à l'heure où le Canada était frappé pour la première fois par l'ESB, Washington n'avait pas hésité à placer le boeuf canadien sous embargo. Une mesure qu'il avait maintenue pendant un peu plus d'un mois. L'Union européenne, quant à elle, ne devrait être que peu concernée par cette annonce, les importations de boeuf américain étant déjà très limitées dans nos quinze pays, en raison de la crainte de la viande traitée aux hormones.

Le nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, forme humaine de la maladie de la vache folle a touché 143 personnes en Grande-Bretagne. Six d'entre elles sont encore vivantes. © Copyright 2003 http://www.jim.fr

A.H.

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