Y avait-il un syndrome d’Érostrate dans l'avion ?

Paris le samedi 4 avril 2015 -Beaucoup a été écrit ou dit depuis le 24 mars sur le crash de l'A320 de la Germanwings et sur ses implications aéronautiques, juridiques, financières et bien sûr médicales.  Au point que Google nous propose aujourd'hui des centaines de milliers de pages sur ce drame.

Mais ici, Alain Cohen, avec sa triple casquette de psychiatre, de spécialiste de médecine aéronautique et de féru d'histoire et de mythologie, a pris un peu plus  de hauteur pour tenter de mieux entrapercevoir les multiples facettes de cette histoire humaine (forcément humaine) . 

Par  le Dr Alain Cohen*

« –Je le connais votre type, me dit-il. Il s’appelle Érostrate. Il voulait devenir illustre et il n’a rien trouvé de mieux que de brûler le temple d’Éphèse, une des sept merveilles du monde.
– Et comment s’appelait l’architecte de ce temple ?
– Je ne me rappelle plus, confessa-t-il, je crois même qu’on ne sait pas son nom.
–Vraiment ? Et vous vous rappelez le nom d’Érostrate ? Vous voyez qu’il n’avait pas fait un si mauvais calcul. »

(Jean-Paul Sartre, Érostrate, in Le Mur) 

Après l’émotion suscitée en France par les attentats de janvier, le crash de l’A320 de la Germanwings replonge à nouveau la société (en Europe et au-delà) dans une consternation affligée. D’autant plus que, cette fois-ci (bien qu’un scénario alternatif soit toujours possible, surtout pour les aficionados des théories du complot voyant des "mains invisibles" partout), il ne semble exister aucun arrière-plan idéologique ou terroriste à l’origine de cette catastrophe, mais la folie d’un seul homme… Ou surtout d’un homme seul ?

Le complexe d’Icare

La dimension sexuelle du désir de voler étant explicite dans des expressions comme "s’envoyer en l’air" ou "monter au septième ciel", on notera sans surprise que la formation de médecine aéronautique et spatiale [1] partage un point commun avec la psychiatrie : la place donnée au "complexe d’Icare", variante du célèbre complexe d’Œdipe cher à Sigmund Freud. Dans l’Œdipe classique, le fils est en rivalité avec le père (l’enjeu étant l’amour de la mère). Dans le complexe d’Icare, le fils tente de dépasser le père en transgressant l’interdit formulé par l’injonction paternelle « Ne te mets pas en danger ! » Dans la mythologie grecque, Icare doit, sur les conseils de son père Dédale, fuir la Crète par la voie des airs, grâce à des ailes réalisées avec des plumes et de la cire. Or pour éviter que la chaleur ne fasse fondre cette cire au risque de détruire ses ailes, il ne doit pas voler trop près du Soleil. Mais grisé par la possibilité d’imiter les oiseaux, Icare ignore la mise en garde paternelle et tombe dans la mer, devenant la première victime (mythique) d’un "crash aérien".     

L’une des morales de ce mythe réside dans ce constat désabusé en forme de garde-fou : quiconque transgresse les "règles établies" (il n’est pas dans la condition humaine de voler comme les oiseaux) recevra le châtiment qu’il mérite. Mais le philosophe Francis Bacon laisse entrevoir en 1620 une solution théorique avec son principe paradoxal Natura enim non nisi parendo vincitur  (on ne domine la nature qu’en lui obéissant). En la matière, voler est humainement irréalisable, excepté avec une assistance technologique (ballons, planeurs, avions…) permettant de contourner l’impossibilité initiale au moyen de mécanismes soumis aux lois rigoureuses de la physique… Notons que le rapport occulte du complexe d’Icare avec la sexualité est évoqué notamment par la romancière américaine Erica Jong dans son roman au titre (français) homonyme sur L’envol  de la femme, Le complexe d’Icare (1973) et par Georges Brassens dans sa chanson Le 22 septembre (1964) :

« Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d’ailes,
Je montais jusqu’au ciel pour suivre l’hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous.
Le complexe d’Icare à présent m’abandonne…
Et c’est triste de n’être plus triste sans vous. »

Autre appréciation du mythe : dans Variations autour du complexe d’Icare (1979), Hubert-Félix Thiefaine rapproche le sort d’Icare de celui des enfants maltraités n’ayant d’autre issue que de "s’envoler"  pour échapper à leur triste condition…

Un nouvel Érostrate ?

Dans notre lecture des événements de janvier 2015 (tueries à Charlie Hebdo et à l’hyper casher), nous avons déjà évoqué l’histoire d’Érostrate, cet Éphésien obscur désireux de se faire connaître, dans l’Antiquité, par « n’importe quel exploit mémorable » pour « accéder à la gloire » et qui ne trouva pas mieux, à cette fin devenue une obsession, que d’incendier l’une des sept merveilles du monde, le célèbre temple de la déesse Artémis à Éphèse (en 356 avant J-C). Mais pour punir cet iconoclaste, les juges le condamnèrent à la pire sanction pour lui : « l’oubli éternel de son nom. » Or paradoxalement, cette condamnation à un oubli définitif devint au contraire le motif pour lequel on se souvient encore de lui, plus de 2000 ans plus tard ! Certains déséquilibrés se comportent comme des émules lointains d’Érostrate, car ils sont prêts à commettre n’importe quel acte insensé, pour accéder à tout prix, voire post-mortem, à ce fameux « quart d’heure de célébrité » promis par Andy Warhol à chacun ! Susceptible de leur octroyer une "notoriété " mondiale étanchant leur soif de reconnaissance et attisant leur sentiment de mégalomanie, cette revendication (paranoïaque ?) d’un vedettariat (même posthume) peut sous-tendre les actes les plus fous, comme le meurtre de John Lennon par Mark David Chapman en 1980 : Chapman reconnut avoir tué Lennon, pour attacher notamment son nom à la gloire de sa célèbre victime.

L’année suivante, John Warnock Hinckley tente d’assassiner le Président Ronald Reagan pour « impressionner l’actrice Jodie Foster » dont il est éperdument amoureux et à laquelle il écrit : « La raison de mon acte, c’est que je ne peux plus attendre une seconde de plus pour t’impressionner. » Son érotomanie lui vaut d’être jugé irresponsable et hospitalisé en psychiatrie, malgré trente chefs d’inculpation.

Autre Érostrate de la modernité, Andreas Lubitz aurait pour sa part déclaré à sa  compagne : « Je vais faire quelque chose qui va changer le système. Tout le monde connaîtra mon nom. » Effectivement, la requête "Andreas Lubitz"  suscite désormais 33 700 000 résultats sur Google! La jouissance mortifère du pilote décidant de détruire son avion de ligne ("merveille" technologique des temps modernes) est probablement de la même nature que celle recherchée jadis par Érostrate en détruisant le temple d’Artémis, merveille du monde antique… Dans sa nouvelle Érostrate, Jean-Paul Sartre résume le paradoxe de cette "gloire " douteuse bâtie sur une destruction : « L’histoire (d’Érostrate) m’encouragea. Il y avait plus de deux mille ans qu’il était mort, et son acte brillait encore, comme un diamant noir. » Et ce désir inextinguible de notoriété chez un épigone d’Érostrate se révèle d’autant plus insidieux, pour un pilote, qu’il peut alors se doubler d’une tentation de toute-puissance, dans ce microcosme de l’avion bien décrit dans les films catastrophe, car la vie de nombreuses personnes dépend de lui. C’est le propre de toute profession à haut degré de responsabilité (chirurgiens, officiers sur un théâtre d’opérations…) mais ce phénomène a une plus grande acuité dans le cas du pilote, "seul maître à bord après Dieu", pour reprendre l’expression consacrée dans la marine… Un conseil classique des formateurs des pilotes, "Il faut toujours faire corps avec sa machine", a pu perdre chez Lubitz (qui se rapprocherait ainsi des personnalités psychotiques) sa dimension métaphorique, et prendre alors une toute autre portée, très concrète, l’avion devenant en somme un prolongement, une partie de lui-même qu’il faut aussi détruire en décidant de se suicider ! Selon le site Slate.fr [2], cette conception est confirmée par un rapport du bureau médical de la Federal Aviation Administration des États-Unis notant que la relation entre un pilote et son avion est souvent si fusionnelle que l’engin « peut être pensé comme une extension du pilote lui-même durant le vol ; si le pilote accumule un stress qu’il ne peut plus supporter, il peut s’engager dans des actes autodestructeurs dont certains dans le contexte de ses activités de vol. » Si les suicides de pilotes en plein vol sont très rares (estimés à 0,29 % de l’ensemble des accidents d’avion mortels) [2], Andreas Lubitz n’a toutefois pas le triste privilège d’un acte inédit : « Le 31 octobre 1999, le vol 990 de la compagnie égyptienne Egyptair s’est crashé au large des côtes du Massachusetts avec 217 personnes à bord. Venant de quitter le cockpit, le commandant de bord lança à plusieurs reprises "Je m’en remets à Dieu", avant de couper le pilotage automatique et de faire piquer l’avion [3]. »

Burn out dans les étoiles

Certains font un lien entre le syndrome (ou complexe) d’Icare et le phénomène de burn out (accablement professionnel) décrit par Herbert Freudenberger : « Ce que l’on appelle aujourd’hui communément ‘‘burn out’’ semble avoir été décrit auparavant comme étant le syndrome d’Icare. À cette pathologie résultant d’un épuisement physique et mental, il semble que le seul remède soit de diversifier ses intérêts, d’établir une bonne vie personnelle et familiale pour ceux qui, comme Icare, ont voulu aller trop haut et se sont trop approchés du soleil...faisant ainsi fondre la cire qui faisait tenir leurs ailes » (Mireille Thibault). La métaphore est claire : en voulant s’élever trop haut dans l’échelle sociale, on risque de subir une dégringolade cinglante, quand la santé physique et mentale ne suit pas… Malgré l’absence apparente (pour autant qu’on le sache) de dimension terroriste dans l’acte insensé du jeune copilote, un point commun existe avec la cavalcade meurtrière des tueurs de Charlie Hebdo et de l’hyper casher : la volonté probable d’en finir avec la vie, mais en s’en remettant pour cette finalité macabre à la médiation d’un tiers. Un tiers humain dans le "suicide by cops " (suicide assisté par gendarmes et policiers) chez les terroristes assassinant des otages, et tiers mécanique et technologique (l’avion) chez Lubitz. Ces " suicides assistés par avion" confirment un adage de la médecine aéronautique et spatiale « l’élément le plus fragile d’un avion (ou d’une fusée), c’est le pilote (ou l’astronaute). »

En 2008, l’hôpital universitaire Schleswig-Holstein (Lübeck, Allemagne) rapporte ainsi le cas d’un pilote de 50 ans qui se suicide à bord d’un Beechcraft Sierra : « Avant de se tuer, le pilote envoie un texto annonçant à un ami : ‘‘Je m’envole vers les étoiles...’’ » [2]. On peut rapprocher pareille "mort dans les étoiles" du scénario de la chanson qui révéla David Bowie en 1969, Space oddity (“bizarrerie de l’espace”, une allusion au titre du film de Stanley Kubrick, 2001: A Space Odyssey, sorti peu avant). Suite à un problème technique, l’infortuné Major Tom est condamné à errer à jamais dans l’espace avec son vaisseau…

Un "différentiel" délicat

Pour reprendre le cadre de pensée qui prévalait en psychiatrie avant l’ère du DSM, s’agit-il d’un suicide consécutif à une dépression réactionnelle ou endogène ? Dans la première hypothèse, peut-on avancer une « mésentente dans son couple » (évoquée par le journal Rhein-Zeitung) ou un « chagrin d’amour » (selon le quotidien Bild) ? Dans la seconde option, est-ce une dépression majeure de nature mélancolique où l’auto-dépréciation liée à d’éventuels problèmes de santé (baisse de l’acuité visuelle signant l’arrêt de sa carrière de pilote professionnel) aurait entraîné une telle perte de l’estime de soi que la mort (et surtout une mort médiatiquement retentissante) lui aurait paru la seule et inéluctable issue ? L’hypothèse d’une dépression secondaire à une rupture amoureuse rappelle le scénario présenté par Mort Schuman dans sa chanson Papa-Tango-Charly (1976). En 2008, un pilote en conflit avec son ex-femme pour la garde de leur enfant mineur fonça ainsi sur la maison de son ex-belle-mère avec son fils à bord d’un Cessna 150, se suicidant et emportant l’enfant dans sa mort, comme dans les suicides dits "altruistes" où la vie effraye tellement le désespéré qu’il préfère soustraire ceux qu’il aime aux épreuves de l’existence dans ce monde si hostile. Mais les suicides altruistes (ou "élargis") concernent en principe les proches de l’intéressé (conjoint, enfants), non des inconnus : à l’approche de la comète de Halley, en 1910, on enregistra ainsi une vague de tels suicides, lors d’un délire collectif où certains (redoutant d’être « empoisonnés par le cyanure que ne manquerait pas de larguer sur Terre la comète ») tuaient alors ceux qu’ils aimaient le plus pour leur éviter « de mourir dans des souffrances atroces. » Et une dépression réactionnelle ne semble pas pouvoir expliquer, à elle seule, la décision d’emporter tant d’autres victimes dans sa mort (de surcroît des personnes sans aucun lien avec sa propre histoire), à moins d’imaginer que les autres n’existent tout simplement plus (comme dans le solipsisme), pour le sujet très déprimé mais conservant encore le pouvoir exorbitant d’effacer le reste du monde avec lui.

Jules Renard suggère que la mort de l’observateur annule la réalité observée :  « Mourir, c’est éteindre le monde. » Une conception partagée par Cioran : « On a beau dire, la mort est ce que la nature a trouvé de mieux pour contenter tout le monde. Avec chacun de nous, tout s’évanouit, tout cesse pour toujours. Quel avantage, quel abus ! Sans le moindre effort de notre part, nous disposons de l’univers, nous l’entraînons dans notre disparition. Décidément, mourir est immoral. » Cioran perçoit ainsi le suicide comme une source de puissance : « Aucun autocrate n’a disposé d’un pouvoir comparable à celui d’un pauvre bougre qui envisage de se tuer. » Il n’est d’ailleurs pas sûr que la tentation de mourir résume la démarche suicidaire, certains y perçoivent au contraire un désir irréalisable de vivre différemment : « Le choix de la mort est un acte d’amour de la vie dans sa plénitude » écrit le sénateur Roger Quilliot, dans une lettre posthume expliquant son geste irrémédiable.  « Comme tous les suicidés, il n’a pas cherché à mourir, mais à vivre autrement », commente Robert Serrou, après le décès de Pierre Bérégovoy.

Pilote-amok

L’aviation civile a connu « une dizaine de drames aériens attribués à une volonté d’un pilote de faire s’écraser l’avion » délibérément.
Comme s’interroge Aurélie Haroche sur JIM.fr (Crash de l’A320 : suicide ou meurtre de masse ?), il est difficile de trancher entre la qualification de "suicide"  ou de "meurtre", c’est pourquoi certains parlent de « meurtre-suicide, même si, derrière cette volonté, les motivations plus profondes (psychologiques, politiques...) du pilote restent souvent inconnues [3]. » Dans cette frontière incertaine entre meurtre et suicide, le tabloïd allemand Bild (titrant ‘‘Der amok-pilot’’) redonne une notoriété à l’amok [4], un phénomène décrit en particulier par le psychiatre allemand Emil Kraepelin en 1904, à l’occasion de son voyage à Java initiant la psychiatrie comparée. L’amok est un accès subit de violence meurtrière où le sujet tue un nombre important de victimes avant de se donner généralement lui-même la mort.

On peut en rapprocher certains faits divers tragiques survenant notamment aux États-Unis (culture des armes oblige), comme le massacre de Columbine et d’autres tueries en milieu scolaire [5] ou des attaques terroristes (telles celles perpétrées par Anders Behring Breivik en Norvège en 2011), ou liées à des sectes, comme l’attaque au gaz sarin commise dans le métro de Tokyo en 1995 par la secte Aum, laquelle aurait d’ailleurs « tenté en vain de se procurer le virus Ebola en 1992 lors d’une "mission humanitaire" au Zaïre conduite par le gourou lui-même ! Point commun à toutes ces tragédies : leur aspect volontiers spectaculaire, recherché par les tueurs pour finir dans un "feu d’artifice" , aux sens propre et figuré… Un blogueur canadien résume parfaitement le cas de Lubitz : « Un homme devait cesser de travailler le matin même. Il avait un papier du médecin confirmant (cet arrêt de travail). Il a déchiré ce papier, a fait fi des recommandations (médicales), et a ouvert une grande brèche dans la planète qui n’avait d’égale que la fissure qui se taillait dans son cerveau. Il a plongé dans cette crevasse et a entraîné 149 innocents avec lui. »

On peut rajouter que le copilote a choisi apparemment de mourir à l’endroit même où il avait été heureux durant son adolescence (quand il venait avec ses parents en vacances dans les Alpes de Haute-Provence et volait en planeur dans l’aéro-club de la région), comme pour retourner définitivement en arrière, à une époque précédant vraisemblablement sa souffrance psychique ultérieure…

Il n’y a pas de bons pilotes

Devant tout ce gâchis, on peut se remémorer cet adage prisé dans le milieu de l’aéronautique, et transposable bien sûr à d’autres domaines comme la conduite automobile : « Il n’y a pas de bons pilotes, mais il existe parfois de vieux pilotes. »

Quoiqu’il en soit, cette affaire ne manquera pas de reposer la question du suivi médical et psychologique des pilotes et, plus généralement, de tous les professionnels (médecins compris) susceptibles de « tenir la vie d’autrui entre leurs mains. » Le débat portera sans doute sur des dysfonctionnements dans la chaîne de l’information : qui savait quoi, qui n’a pas signalé à temps l’inaptitude et une contre-indication psychiatrique pour cette profession pourtant particulièrement suivie : selon des informations parues dans la presse, le trigramme SIC (restriction examen médical régulier) [6] était mentionné dans le dossier de l’intéressé...
Mais pour ne pas terminer sur une note trop austère, faisons donc appel à Jean Charles qui nous présente, dans son livre Aux quatre coins du rire (1964) l’avion idéal (?), l’avion sans pilote, censé remédier enfin à la fragilité inhérente à la nature humaine : « Transportons-nous (dans le futur). Des voyageurs viennent de prendre place dans un avion entièrement automatique. Celui-ci décolle et une voix s’élève d’un haut-parleur pour souhaiter la bienvenue aux passagers : "Comme vous le savez, dit la voix, grâce à la vitesse supersonique de l’appareil, vous arriverez à destination en cinquante minutes, sans l’aide d’aucun membre d’équipage, pilote, copilote ou hôtesse. Tout est automatique. Il ne reste plus qu’à vous souhaiter un excellent voyage… cellent voyage… cellent voyage… cellent voyage…" »

Références
* psychiatre et CES de médecine aéronautique.
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_m%C3%A9decine_a%C3%A9ronautique
[2] http://www.slate.fr/story/99587/etudes-suicide-pilote
[3] http://www.slate.fr/story/99543/crash-vol-germanwings-suicides-pilotes
[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/Amok_%28ethnologie%29
[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuerie_en_milieu_scolaire
[6] http://www.aopa.fr/Aptitude-medicale-du-personnel-navigant-de-l-aeronautique-civile_a313.html

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Vos réactions (14)

  • Bravo...

    Le 04 avril 2015

    ...pour cette brillante synthèse, que vous devriez proposer à la une de tous les journeaux écrits, télévisés etc...pour mettre fin à tout ce verbiage médiatique d'experts et pseudo journalistes pas toujours trés compétents en manne de sensationnel (toujours pour faire de l'audience).

    Dr M Bounioux

  • Au sujet du Major Tom

    Le 04 avril 2015

    Fine analyse et érudition époustouflante...bravo à notre confrère !
    Juste un petit bémol...le Major Tom de David Bowie est tout sauf un astronaute...mais bien un cocaïnomane qui fait une over dose :(
    "We know Major Tom's a junkie ..." (Ashes to Ashes, David Bowie)

    Dr Alain Nicolas

  • Sortir "Le Mur" de sa bibliothèque

    Le 04 avril 2015

    Excellent texte très documenté et très intéressant. Moi aussi j'avais sorti "Le Mur" de ma bibliothèque et relu Erostrate!

    Dr M.P.Lecourt

  • Merci...

    Le 04 avril 2015

    ...pour cet article brillant.

    Dr Anne Dien

  • Chapeau

    Le 04 avril 2015

    Enfin quelque chose d'intelligent et d'humain sur ce drame.
    Je me demande si la lecture de ce texte ne pourrait apporter un (tout) petit apaisement aux familles endeuillées.

    Dr Alain Schmitt

  • Amoc ?

    Le 04 avril 2015

    Félicitations pour ce bel article plein d'érudition !
    Icare se brûle les ailes tout seul.
    Ce geste ci ne ressemble pas non plus à un suicide altruiste, classique tout au moins.
    Difficile de conjecturer sur une maladie mentale "aliénante" que personne n'aurait vue.
    Alors, une personnalité pathologique, mais laquelle ? Il y a cette volonté de "normalité" décrite par les témoins, de paraître comme un "hypernormal", ce qu'il savait qu'il n'était pas. Il y a aussi ce coté passionnel...Une personnalité hyper verrouillée, dont tous les contrôles lâchent pour donner un tableau inaugural d'une psychose clinique ? Mais encore une fois personne n'aurait rien vu venir, une minute avant les faits ?
    Amoc ? Les récits les rapportent souvent soudains. Les amocs peuvent-ils être prémédités ? Quand Kraepelin les a découverts, il en a fait quoi sur le plan nosographique ? Merci de vos avis.

    Dr S Agittaire

  • Erostrate ou Hippocrate ?

    Le 04 avril 2015

    Oh ! que cela sent le cadavre putréfié de la psychanalyse !
    Il est possible qu'Erostrate ait été déprimé.
    En revanche, il est certain que le co-pilote souffrait d'une dépression mélancolique, bien décrite, jusque dans sa constipation, par Hippocrate.
    J'ai appris à la fac le suicide mélancolique, dit "altruiste" car le déprimé délirant (encore une notion oubliée sous l'influence du terrorisme psychogénétique) est convaincu que la mort est le meilleur service qu'il peut rendre aux autres.
    Et il semble qu'il n'ait été traité que par lorazépam et psychothérapie : un crime qui devrait envoyer son psychiatre aux assises.

    Dr Bernard Maroy

  • Respect

    Le 04 avril 2015

    Très très bon. Chapeau ! Et respect ! Balayés les experts auto-proclamés!

    Dr Philippe Bargain

  • Excellent article, synthèse fine et ouverte

    Le 05 avril 2015

    Questions aux monomaniaques organiques :
    Les animaux se suicident-ils ?
    Est-ce que le copilote était ballonné ?

    Dr Pascal Triboulet

  • Préférence pour Médée

    Le 07 avril 2015

    M'étant trouvé passager dans une puissante automobile conduite par un maniaco dépressif, qui en quelques secondes est passé d'un état mélancolique à une poussée maniaque, et a failli nous envoyer dans le décor, je peux attester que le caractère "volant" du véhicule n'est qu'un qu'un avatar de circonstance.
    Autant Isabelle Huppert a su me faire épouser la cause de Médée, autant celle d'Erostrate me semble immangeable.

    Dr YD

  • Oui, j'aime...

    Le 09 avril 2015

    ... et comme j'aimerais savoir écrire ainsi...

    Dr Alexandre Conia

  • Tout simplement remarquable

    Le 11 avril 2015

    Tout est dit.

    Dr François Gross

  • Envie de relire Kraepelin

    Le 13 avril 2015

    Cette analyse est excellente et très complète. Bravo pour cette démonstration pleine d'érudition qui éclaire les zones d'ombre et donne envie de relire Kraepelin et de se replonger dans la mythologie loin de ces médias incultes qui disent tout et n'importe quoi pour avoir eux-aussi leur minute de gloire...
    J'espère que vous publierez votre analyse dans la presse aéronautique ou qu'on fera appel à vous sur une chaine non obsédée par l'audimat.
    "brillantissime"...

    Dr Evelyne de Sousa

  • Arrêterons nous de prendre l'avion ?

    Le 13 avril 2015

    Merci pour ce bel article (qui fait un peu peur mais...).

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