Norovirus : bientôt le vaccin ?

Les norovirus (NV) sont une cause majeure de gastro-entérites, responsables chaque année de 200 000 morts d’enfants de moins de 5 ans dans les pays en voie de développement. Le but de cette étude clinique en deux phases était de déterminer l’innocuité et l’immunogénicité d’un vaccin anti-Norwalk adjuvanté administré par voie intranasale chez l’homme.

Les NV ne cultivant pas in vitro, des particules “VirusLike” (VLP) ont été produites par expression et auto-assemblage de la protéine majeure de capside VP1 dans des systèmes recombinants. Ces VLP non infectieuses ont une conformation antigénique préservée et interagissent avec les récepteurs cellulaires, induisant une réponse immune lorsqu’elles sont administrées à l’animal par voie parentérale, orale ou intranasale, et sont stables à la lyophilisation ; elles constituent donc de bons candidats vaccins.

La réponse immune a été évaluée dans son aspect sérologique (mesure des IgG, IgA et IgM anti-VLP par technique ELISA) et cellulaire (caractérisation au sein des PBMC des cellules secrétant les IgG et IgA spécifiques, et des molécules d’adressage à leur surface).

La réponse sérologique a été dose-dépendante et les cellules productrices d’IgA exprimaient 2 profils d’adressage (tissu lymphoïde périphérique et muqueuse intestinale) alors que les cellules productices d’IgG n’exprimaient que l’adressage vers les tissus muqueux.

Finalement, ce vaccin intranasal, adjuvanté monovalent, a été bien toléré et immunogénique.

Le fait que l’immunisation intranasale soit capable d’induire des cellules effectrices avec divers profils d’adressage, y compris intestinal, est remarquable et prouve que cette voie d’administration peut produire une réponse immunitaire systémique et muqueuse puissante, y compris une activité de cellules effectrices à distance du site d’infection.

Cependant, dans quelle mesure cette réponse immune préviendrait l’infection virale et la maladie reste à explorer dans des études cliniques plus larges pour savoir si le vaccin protégerait contre une infection de virus vivant. De plus, les réponses ne sont peut être pas croisées entre les NV (une famille très hétérogène génétiquement) et un futur vaccin devrait contenir les génotypes les plus importants épidémiologiquement. La fréquence de l’infection dans la communauté suggère que l’infection naturelle ne procure qu’une immunité courte, et qu’il y aurait peu de protection croisée entre les différents géno-groupes. Il y aurait donc besoin d’une surveillance à l’instar de la grippe pour inclure les souches les plus prévalentes dans le vaccin.

Dr Muriel Macé

Références
Vinjé J. A norovirus vaccine on the horizon?
J Infect Dis., 2010; 202:1623-5.

El-Kamary et coll. Adjuvanted intranasal Norwalk virus-like particle vaccine elicits antibodies and antibody-secreting cells that express homing receptors for mucosal and peripheral lymphoid tissues. J Infect Dis., 2010; 202: 1649-58.

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