Facteurs de risques cardiovasculaires de l’enfant obèse

Les facteurs prédisposant aux complications cardiovasculaires précoces, hypertension, dyslipémie et diabète de type 2, sont reconnus de façon fréquente chez l’enfant obèse. L’obésité joue un rôle central dans le développement du syndrome métabolique qui triple le risque de maladie coronarienne et d’accident vasculaire cérébral. Cependant, il reste à déterminer si l’obésité est un risque en soi ou agit en conjonction avec les autres facteurs comme la résistance à l’insuline. L’obésité abdominale est associée à une augmentation de la peroxydation lipidique et de l’activation plaquettaire. Les cytokines sécrétées par le tissus adipeux : adiponectine, leptine, résistine, TNF-α et IL-6 modulent l’hémostase, la tension artérielle, le métabolisme des glucides et lipides, l’inflammation et l’athérosclérose. Des taux élevés de leptine et résistine augmentent la résistance à l’insuline et la production de TNF-α et d’IL-6, facteurs d’athérosclérose par l’élévation de la CRP. Des taux élevés de fibrinogène, de CRP et abaissés d’adiponectine (cytokine synthétisée par les tissus adipeux, modulateur de l’insuline et protecteur vasculaire), en relation avec le degré d’obésité, ont été démontrés.

Des chercheurs italiens ont étudié 59 enfants obèses, d’âge médian 11,8 ans (2, 3-15,1) en comparaison de 40 non obèses, subissant des examens de routine. Les examens ont montré une élévation significative de la résistance à l’insuline évaluée sur l’insulinémie (29 µU/ml contre 12 chez les non obèses p<0,0001) et le rapport HOMAir (insuline x glucose/22,5) : 5,8 vs 2,3 p<0,0001), corrélés avec l’IMC et le périmètre abdominal. Les taux de cholestérol total (165 mg/dl vs 127), de LDL cholestérol (98 mg/dl vs 61) étaient plus élevés chez les obèses (p<0,0001) et ceux d’HDL plus bas (44 vs 58 p<0,0001). De même, les taux de CRP (3,2 vs 1,9) et de TNF-α (3,1 vs 2 pg/ml) étaient significativement plus élevés chez les obèses témoignant d’une inflammation de bas grade et ceux d’adiponectine plus bas. D’autre part, les marqueurs de lésions endothéliales précoces et facteurs de l’hémostase : von Willebrand, complexe thrombine- antithrombine, D-dimères et inhibiteur de l’activateur du plasminogène, témoignant d’une hypercoagulabilité, étaient aussi significativement plus élevés chez les obèses que chez lez non obèses mais non corrélés avec les marqueurs de l’inflammation.

En conclusion, ces résultats suggèrent que l’obésité en soi est associée à l’inflammation et l’hypercoagulabilité.

Pr JJ Baudon

Référence
Giordano P et al. Metabolic, inflammatory, endothelial and haemostatic markers in a group of Italian obese children and adolescents. Eur J Pediatr 2011;170:845-50

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