Des doutes sur le développement psychomoteur des nourrissons avec plagiocéphalie posturale

La plagiocéphalie posturale [PP] du nourrisson n’interfère pas, dit-on, avec le développement psychomoteur. Une équipe américaine nuance cette assertion : si les performances des enfants avec PP aux tests psychomoteurs sont normales, elles ne sont pas pour autant optimales.

Les tests psychomoteurs de 235 nourrissons avec une PP ont été comparés aux tests de 237 nourrissons sans PP aux âges de 7 mois et de 18,5 mois, les deux comparaisons transversales faisant l’objet de publications séparées (1, 2).

Les cas avaient été enrôlés lors du diagnostic clinique de PP et appariés à des témoins de même âge. L’imagerie tridimensionnelle du crâne a permis de distinguer des PP discrètes, modérées ou sévères chez les cas et de découvrir 70 PP –discrètes, sauf 2- parmi les témoins. Les tests psychomoteurs ont été pratiqués dans les quinze jours suivant le diagnostic clinique de PP et le plus près possible de 18 mois. Il s’agissait des échelles de Bayley éditées en 2006 (BSID III).

A l’âge moyen de 7 mois comme à celui de 18,5 mois les nourrissons avec une PP avaient des scores standardisés moyens dans les limites de la normale, mais ils étaient moins performants que les nourrissons sans PP. A presque 1 an de distance leurs désavantages s’étaient accrus dans les domaines cognitif et langagier, et réduits, sans s’effacer, dans le domaine moteur.

A 18,5 mois, ils présentaient plus de risques que les nourrissons sans PP d’avoir un score <85 dans un domaine ou un autre (Odds ratio allant de 1,8 à 13,8 selon les domaines).

Scores standardisés à 7 et 18,5 mois

 

* tests composites cotés dur 100, sous-tests cotés sur 10
** questionnaire maternel



Le sous-groupe des PP caractérisées par une asymétrie occipitale avait des scores similaires à l’ensemble des PP. Les PP traitées par orthèse crânienne n’obtenaient pas de meilleurs scores que les autres PP.

Les résultats de ces études psychométriques n’impliquent pas nécessairement une relation de cause à effet entre les PP et les désavantages observés à 7 et à 18,5 mois, étant donné que les nourrissons « retardés » ont une plus grande probabilité de présenter une déformation du crâne. Ils justifient toutefois une surveillance étroite du développement psychomoteur des PP. Les auteurs ont prévu de re-tester les enfants étudiés à l’âge de 6-7 ans.

Dr Jean-Marc Retbi

Références
1) Speltz ML et coll. Case-control study of neurodevelopment in deformational plagiocephaly. Pediatrics 2010 ; 125 : e537-e542
2) Collett BR et coll. Development in toddlers with and without deformational plagiocephaly. Arch Pediatr Adolesc Med 2011 ; 165 : 653-658

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Vos réactions (1)

  • Déficit de "prise à bras"

    Le 03 janvier 2012

    Ce "modelage" est essentiellement lié à un appui "préférentiel" en particulier si l'enfant "séjourne" au lit. Ce défaut de "manipulation" peut être le plus souvent associé à un déficit de "prise à bras" et de stimulations neuromotrices.


    Jean-Pierre Tiberghien

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