Une kinésithérapie spécifique peut éviter la chirurgie de la coiffe des rotateurs

La prise en charge des syndromes de conflit sous-acromial est souvent de longue haleine. Le traitement conservateur est le premier choix, avec éventuellement des infiltrations de corticoïdes et/ou de la kinésithérapie. Les preuves formelles de l’efficacité de la kinésithérapie manquent pourtant, malgré les conclusions plutôt positives de quelques rares travaux.

Une étude réalisée en Suède vient apporter un éclairage intéressant sur la prise en charge par kinésithérapie du conflit sous-acromial.  L’étude a enrôlé 97 patients suivis depuis plus de 6 mois, chez qui la prise en charge initiale de leur conflit sous-acromial a échoué, et donc en attente de chirurgie. Une partie d’entre eux (n= 51) a suivi pendant 12 semaines une kinésithérapie spécifique, consistant en des exercices de renforcement musculaire excentriques de la coiffe des rotateurs et des exercices concentriques/excentriques pour les stabilisateurs de la scapula, associés à une mobilisation manuelle. L’autre groupe (n=46) suivait pendant le même temps une kinésithérapie non spécifique pour le cou et l’épaule. Les patients devaient aussi réaliser des exercices à domicile 1 à 2 fois par jour. L’efficacité des interventions sur la douleur et la mobilité de l’épaule était évaluée par le score scapulaire de Constant et Murley.

Après 12 semaines de traitement, l’amélioration du score de Constant et Murley est supérieure dans le groupe ayant bénéficié de la kinésithérapie spécifique (24 points vs 9 points). Un nombre plus important de ces patients estiment aussi que le traitement est une réussite (64 % vs 24 %). Mais surtout, la kinésithérapie spécifique a permis de diminuer significativement le nombre de patients qui nécessiteront une réparation chirurgicale (20 % vs 63 %), au cours des 3 mois du suivi.

D’un point de vue pratique, les auteurs précisent qu’il est essentiel que les patients adhèrent parfaitement au traitement. Pour favoriser la compliance, le programme ne comportait que peu d’exercices pour ne pas être trop chronophage, et les patients bénéficiaient de l’assistance régulière d’un kinésithérapeute pour s’assurer de la parfaite réalisation des exercices.

Dr Roseline Péluchon

Références
Holmgren T et coll. : Effect of specific exercise strategy on need for surgery in patients with subacromial impingement syndrome: randomised controlled study.
BMJ 2012 ;344:e787 doi: 10.1136/bmj.e787

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