Il a été montré que la consommation de boissons sucrées (BS) est
associée à une prise de poids et un risque accru de diabète de type
2. Peu d’études ont exploré l’association des BS avec les maladies
coronariennes (MC). Le rôle des boissons « light » (BL) reste aussi
à clarifier dans ce domaine.
L’objectif de cette étude de cohorte prospective incluant 42 883
hommes (Health Professionals Follow-up study ) sans
antécédents coronariens est d’évaluer l’association entre
consommation de BS ou de BL et incidence des accidents coronariens
(AC). Une BS (ou BL) équivaut à une canette de 350 ml.
Sur les 22 ans de suivi, 3 683 accidents coronariens ont été
enregistrés. Après ajustement aux différentes variables (âge,
tabac, activité physique, IMC…), les participants consommant plus
de 4,5 BS/semaine avaient une augmentation de 20 % du risque d’AC
par rapport à ceux qui n’en consommaient aucune (RR [Risque
relatif] = 1,20 ; p < 0,01). La consommation des BL par contre
n’est pas significativement associée aux AC (RR = 1,02 ; p =
0,28)
Les auteurs ont calculé que pour toute BS supplémentaire par
jour, le risque d’AC augmentait d’environ 20 %.
D’autre part, l’étude montre que la consommation des BS a été
significativement associée avec une augmentation des triglycérides,
CRP, IL6, TNFr1, TNFr2, et à une diminution des HDL, Lp(a) et de la
leptine (p< 0,02). Aucune association significative avec les
variations de ces biomarqueurs n'a été observée pour les BL.
L’action des facteurs de risque classiques (prise de poids,
diabète…) ne semblant pas expliquer totalement cette relation.
Les auteurs estiment donc que les BS sont associées à une
augmentation du risque des AC avec une détérioration du profil
lipidique, des facteurs de l’inflammation et de la leptine. En
revanche, la consommation des BL n’est pas associée à ces effets
délétères.
En pratique, ces résultats, ainsi que ceux d’autres études
similaires, doivent pousser à restreindre la consommation des BS
afin de mieux prévenir les maladies CV. Etant donné l’usage très
répandu des BS, ceci peut avoir des implications importantes en
termes de santé publique.
Il n’est pas démontré que les boissons « light » soient la bonne
alternative aux boissons sucrées même si le rapport bénéfice/risque
semble de plus en plus pencher en leur faveur.
Dr Rodi Courie
de Koning L et coll. : Sweetened beverage consumption, incident coronary heart disease and biomarkers of risk in men. Circulation. 2012 ; publication avancée en ligne le 12 mars 2012.
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Vos réactions |
Pas de BS pour la PP et les FDRC
Le 01 mai 2012
Intéressant article sur ces BS mais j'ai le regret de vous dire que vous avez oublié plein d'acronymes qui rendraient l'article encore plus court et plus incompréhensible pour le profane : PP, la prise de poids ; DT2, je ne développe pas, c'est tellement évident ! EPC : étude ce cohorte prospective ; HSAC : hommes sans antécédents coronariens ; FDRC, facteurs de risques classiques.
Confrères qui publiez, soyez inventifs et cherchez bien, moi j'en trouve encore plein. Les publications médicales vont enfin devenir ludiques : cherchez la solution !
P. Borde
Le café et le thé
Le 01 mai 2012
Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'article et les chercheurs n'envisagent pas que parmi les "BS" (quelle manie que ces abréviations idiotes)il y a le café et le thé, qui sont souvent absorbées plusieurs fois par jour, et le plus souvent sucrées.
Peut-être que JIM pourrait proposer un enseignement de méthodologie de la recherche ?
Professeur Bernard Gibello
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