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Des inégalités hommes–femmes face à l’expression du rhumatisme psoriasique

Publié le 14/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les différences d’expression du rhumatisme psoriasique (RP) en fonction du sexe des patients sont peu documentées dans la littérature. Gladman et coll ont rapporté que les hommes souffrant de RP ont une atteinte axiale plus sévère que les femmes et Queiro et coll ont également signalé que les hommes étaient davantage susceptibles de développer une forme axiale de la maladie et étaient plus souvent porteurs de l’antigène HLA-B * 27 que les femmes. La portée de ces études est cependant limitée par la taille réduite de leur échantillon et par le caractère restrictif des critères d’inclusion (malades avec une sacro-iliite radiographique).

Afin de mieux appréhender les différences liées au sexe dans la sévérité du RP, les auteurs de cette étude canadienne prospective ont évalué en transversal, 345 hommes et 245 femmes atteints de RP, tous les 6 à 12 mois.

La fréquence de l'allèle HLA-B 27 ne différait pas dans ces deux groupes.

Les femmes étaient plus souvent traitées par DMARD (disease modifying anti-rheumatic drugs), hors anti TNF, que les hommes.

L’atteinte axiale était plus fréquente chez les hommes (42,9 % vs 31 %, p = 0,003). En analyse multivariée, les hommes sont apparus encore plus à risque de développer une atteinte axiale (Odds rario [OR] 1,8, p = 0,003). Ils sont également davantage exposés à avoir une sacroiliite de grade 3 ou 4 et des syndesmophytes du rachis cervical, thoracique et lombaire.

Les hommes se situaient plus souvent dans une catégorie plus élevée des dommages articulaires (score de Steinbrocker) par rapport aux femmes, après ajustement pour la durée du RP (OR 1,6, p = 0,005).

Cependant les femmes souffraient plus de graves limitations fonctionnelles et d’une moins bonne qualité de vie par rapport aux hommes.

En conclusion, les hommes atteints de RP ont plus de risque de développer des lésions radiographiques axiales et périphériques sévères que les femmes. Ces dernières ont cependant un handicap plus grave et une moins bonne qualité de vie. Ce constat n'est pas unique à la RP et a déjà été démontré dans la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante

Une explication possible est que la perception de la douleur est plus prononcée chez les femmes que chez les hommes.

Les causes sous-jacentes des divergences concernant les lésions radiographiques sont inconnues, les hormones sexuelles pourraient jouer un rôle.

La nature transversale de cette étude empêche une conclusion ferme en ce qui concerne les associations causales, et comme dans toute étude d'observation, il est impossible d’écarter la possibilité que l’absence de mesure de certaines variables ait apporté un certain degré de confusion.



Dr Juliette Lasoudris Laloux


Eder L et coll. : Gender difference in disease expression, radiographic damage and disability among patients with psoriatic arthritis. Ann Rheum Dis., 2012 ; Publication avancée en ligne le 15 mai.




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