Les différences d’expression du rhumatisme psoriasique (RP) en
fonction du sexe des patients sont peu documentées dans la
littérature. Gladman et coll ont rapporté que les hommes souffrant
de RP ont une atteinte axiale plus sévère que les femmes et Queiro
et coll ont également signalé que les hommes étaient davantage
susceptibles de développer une forme axiale de la maladie et
étaient plus souvent porteurs de l’antigène HLA-B * 27 que les
femmes. La portée de ces études est cependant limitée par la taille
réduite de leur échantillon et par le caractère restrictif des
critères d’inclusion (malades avec une sacro-iliite
radiographique).
Afin de mieux appréhender les différences liées au sexe dans la
sévérité du RP, les auteurs de cette étude canadienne prospective
ont évalué en transversal, 345 hommes et 245 femmes atteints de RP,
tous les 6 à 12 mois.
La fréquence de l'allèle HLA-B 27 ne différait pas dans ces deux
groupes.
Les femmes étaient plus souvent traitées par DMARD (disease
modifying anti-rheumatic drugs), hors anti TNF, que les hommes.
L’atteinte axiale était plus fréquente chez les hommes (42,9 %
vs 31 %, p = 0,003). En analyse multivariée, les hommes sont
apparus encore plus à risque de développer une atteinte axiale
(Odds rario [OR] 1,8, p = 0,003). Ils sont également davantage
exposés à avoir une sacroiliite de grade 3 ou 4 et des
syndesmophytes du rachis cervical, thoracique et lombaire.
Les hommes se situaient plus souvent dans une catégorie plus
élevée des dommages articulaires (score de Steinbrocker) par
rapport aux femmes, après ajustement pour la durée du RP (OR 1,6, p
= 0,005).
Cependant les femmes souffraient plus de graves limitations
fonctionnelles et d’une moins bonne qualité de vie par rapport aux
hommes.
En conclusion, les hommes atteints de RP ont plus de risque de
développer des lésions radiographiques axiales et périphériques
sévères que les femmes. Ces dernières ont cependant un handicap
plus grave et une moins bonne qualité de vie. Ce constat n'est pas
unique à la RP et a déjà été démontré dans la polyarthrite
rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante
Une explication possible est que la perception de la douleur est
plus prononcée chez les femmes que chez les hommes.
Les causes sous-jacentes des divergences concernant les lésions
radiographiques sont inconnues, les hormones sexuelles pourraient
jouer un rôle.
La nature transversale de cette étude empêche une conclusion
ferme en ce qui concerne les associations causales, et comme dans
toute étude d'observation, il est impossible d’écarter la
possibilité que l’absence de mesure de certaines variables ait
apporté un certain degré de confusion.
Dr Juliette Lasoudris Laloux
Eder L et coll. : Gender difference in disease expression, radiographic damage and disability among patients with psoriatic arthritis. Ann Rheum Dis., 2012 ; Publication avancée en ligne le 15 mai.
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