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Imagerie du cerveau avant et après la catastrophe

Publié le 14/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) affecte de nombreux survivants de catastrophes et même les personnes sans troubles aigus directs auraient besoin d’un suivi, alors qu’elles ne bénéficient généralement d’aucune aide. Pour comprendre la pathogenèse des symptômes du SSPT et prévenir son développement, il est crucial de pouvoir faire, dans le stade précoce de l'adaptation au traumatisme dans la population normale, la distinction entre les anomalies neurologiques qui sont des facteurs de vulnérabilité impliqués dans le développement du SSPT et celles qui en sont la suite. Les fondements neurologiques du SSPT ont été bien caractérisés, mais les relations causales avec l'événement traumatique sont encore mal connues, en raison des difficultés à disposer d’études prospectives. Des changements morphologiques de plusieurs régions cérébrales ont été mis en évidence par imagerie dans le passé, dont la signification reste à éclaircir.

Cette équipe japonaise entreprend l’identification des modifications cérébrales structurelles représentant des facteurs de vulnérabilité et de celles qui sont le reflet du traumatisme à partir de l’étude longitudinale d’IRM obtenues avant et 3/4 mois après le tremblement de terre de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, qui a touché le Japon le 11 mars 2011, suivi d’un tsunami et de l’explosion de deux des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Elle est réalisée à partir des données IRM de 42 adolescents. Les symptômes sont évalués selon la version japonaise de l’échelle CAPS (Clinician Administered PTSD Scale for DSM-IV).

Les résultats montrent une association négative entre les diminutions des volumes de substance grise de certaines régions cérébrales et les symptômes du SSPT, plus précisément du cortex cingulaire ventral antérieur droit (ACC) avant le tremblement de terre (test d’association de Spearman ρ = -0,42, P = 0,005), et du cortex orbitofrontal gauche (OFC) après le séisme (ρ = -0,43, P = 0,004). On sait que l’ACC a un rôle fondamental dans les processus de traitement des émotions primaires que sont la peur et l'anxiété ; ces données indiquent donc que la vulnérabilité au SSPT est liée à un problème de traitement de ces informations. D’autre part la diminution du volume de l’OFC représenterait une suite de la catastrophe avec une impossibilité à éteindre la réponse à une peur conditionnée et une difficulté à se distraire des souvenirs émotionnels des expériences liées au séisme.

De façon intéressante, les chercheurs estiment que ces changements structuraux pourraient expliquer environ la moitié des symptômes de SSPT observés.

Pour les auteurs, ces résultats permettent de mieux comprendre les réponses post-traumatiques à un stade précoce de l'adaptation au traumatisme. Elles pourraient être essentielles pour effectuer la discrimination entre les survivants qui vont développer un SSPT ou non, et contribuer à l'élaboration de méthodes efficaces pour prévenir le SSPT dans la population normale.



Dominique Monnier


Sekiguchi BA et coll. : Brain structural changes as vulnerability factors and acquired signs of post-earthquake stress. Mol Psychiatry., 2012. Publication avancée en ligne le 22 mai. doi: 10.1038/mp.2012.51.




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