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Un certain degré d’alcoolisation chez les chirurgiens américains !

Publié le 14/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

On considère que près de 10 % des sujets de plus de 12 ans dans la population générale américaine (plus chez les hommes) connaît des problèmes de dépendance vis-à-vis de drogues, dont l’alcool. Ce taux serait encore plus élevé chez les médecins, du fait de leur accès plus facile aux opioïdes. Les auteurs ont mené en 2010 une étude sur les chirurgiens américains pour analyser la prévalence de cette addiction et ses conséquences sur leur vie personnelle, sociale et professionnelle.

Elle a concerné les membres du Collège des chirurgiens américains volontaires pour participer à cette étude (sans en connaître le but), les réponses étant anonymes. Parmi les 70 questions posées, certaines concernaient la qualité de vie (qdv), la fatigue, la satisfaction professionnelle, les substances toxiques ingérées, les erreurs médicales et les poursuites juridiques rencontrées. Il leur était demandé, par exemple : « quelle est la fréquence de votre sensation d’épuisement ? » ou « combien de fois, depuis votre internat, vous êtes-vous montré insensible aux soucis d’autrui ?» ; les réponses ont été classées à l’aide de l’échelle MBI (Maslach Burnout Inventory).

Si la réponse aux 2 questions ci-dessus était « au moins une fois/semaine », on en a déduit que le degré de fatigue ou de dépersonnalisation était sévère. Des instruments analogues ont été utilisés pour estimer les symptômes dépressifs, la qdv, le désir de recommencer la même carrière, si c’était à refaire, ou de la conseiller à leurs enfants. Ces données ont été comparées avec celles concernant la consommation d’éthanol avouée, la dépendance étant définie par un score ≥ 5 chez l’homme (≥ 4 chez la femme) sur une échelle de 0 à 12 (test AUDIT-C).

Ce score a été atteint par 1 112 (15,4 %) des 7197 chirurgiens participants et il est pire chez les femmes (25,6 % !), les jeunes (19 % entre 35 et 44 ans), les concubins (26,5 %), les chirurgiens sans enfants (23 %).Parmi les praticiens ayant déclaré une erreur médicale dans les 3 mois, 78 % étaient alcooliques !

Quant aux symptômes d’épuisement et de dépersonnalisation, dépistés par les questions mentionnées ci-dessus, ils sont d’autant plus fréquents que l’imprégnation alcoolique est intense.

Ceci a été confirmé par une analyse multivariée qui a clairement mis en évidence une corrélation entre l’excès de consommation d’alcool d’une part, et, d’autre part, l’épuisement, la dépression, ou des fautes médicales graves récentes.

 

Illustration : Daniel Gelin en médecin alcoolique dans La vie est un long fleuve tranquille



Dr Jean-Fred Warlin


Oreskovich MR et coll. : Prevalence of alcohol use disorders among American surgeons. Arch.Surg., 2012; 147: 168-174.



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