Apnées obstructives du sommeil (AOS) et diabète de type 2 ont
tous deux été associés au risque de maladie cardiovasculaire. Les
résultats de différents travaux plaidant aussi pour une association
entre AOS et altération du métabolisme du glucose, des équipes
françaises, collaborant à la cohorte Sommeil de l’Institut de
Recherche en Santé Respiratoire (ISR), ont cherché à en savoir
plus, en évaluant la relation entre sévérité des AOS et risque
d’altération du métabolisme du glucose en population adulte non
diabétique, en prenant pour indicateur le taux d’hémoglobine
glyquée (HbA1c).
P Priou et coll ont mené à cet effet, une étude transversale,
impliquant, entre mai 2007 et novembre 2011, sept centres des Pays
de la Loire, qui a porté sur 1 599 patients âgés de 18 ans ou plus,
ayant eu un bilan polysomnographique nocturne pour suspicion d’AOS,
indemnes de diabète auto-rapporté ou de prise de médicaments, dont
le taux d’HbA1c était inférieur à 6,5 %.
La proportion de patients dont le taux d’HbA1c dépassait 6 %,
allait de 10,8 % parmi ceux dont l’indice d’apnées-hypopnés (IAH)
était inférieur à 5 (absence d’AOS) à 34,2 % quand l’IAH atteignait
ou dépassait 50 (OAS très sévères).
Après ajustements sur nombre de facteurs confondants potentiels
(notamment sur l’âge, le sexe, le tabagisme, l’IMC, le tour de
taille, la morbidité cardiovasculaire, la durée du sommeil,
l’existence d’une somnolence diurne, d’une dépression, d’une
insomnie, le centre d’étude), l’analyse associe à la sévérité des
AOS un risque accru d’augmentation du taux d’HbA1c au-dessus de 6
%. En comparaison des patients ayant un IAH < 5, pris comme
référence, les odds ratios pour ce risque étaient de 1,40
(intervalle de confiance à 95 % : 0,84-2,32), 1,80 (1,19-2,72),
2,02 (1,31-3,14), et 2,96 (1,58-5,54), pour des IAH respectivement
de 5 à moins de 15 (AOS légères), de 15 à moins de 30 (AOS
modérées), de 30 à moins de 50 (AOS sévères), et de 50 et plus.
Une association est également retrouvée entre taux d’HbA1c
dépassant 6 % et la diminution de la SaO2 moyenne, l’augmentation
des épisodes de désaturation et du temps passé avec une SaO2
inférieure à 90 %.
Cette étude multicentrique française, conduite auprès de
patients non diabétiques (HbA1c < 6,5 %), relie à la sévérité
des AOS et à l’hypoxémie au cours du sommeil un accroissement du
taux d’hémoglobine glyquée au-delà de 6 %. Cette augmentation du
risque d’altération du métabolisme du glucose expose, à son tour, à
un risque accru de diabète et de maladie cardiovasculaire.
Dr Julie Perrot
Priou P et coll. : Independent association between obstruction sleep apnea severity and glycated hemoglobin in adults without diabetes. Diabetes Care, 2102 publication avancée en ligne le 11 juin (doi: 10.2337/dc11-2538).
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