> Accueil JIM > AOS sévère : attention aux troubles de la glycorégulation qui sommeillent

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

AOS sévère : attention aux troubles de la glycorégulation qui sommeillent

Publié le 15/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Apnées obstructives du sommeil (AOS) et diabète de type 2 ont tous deux été associés au risque de maladie cardiovasculaire. Les résultats de différents travaux plaidant aussi pour une association entre AOS et altération du métabolisme du glucose, des équipes françaises, collaborant à la cohorte Sommeil de l’Institut de Recherche en Santé Respiratoire (ISR), ont cherché à en savoir plus, en évaluant la relation entre sévérité des AOS et risque d’altération du métabolisme du glucose en population adulte non diabétique, en prenant pour indicateur le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c).

P Priou et coll ont mené à cet effet, une étude transversale, impliquant, entre mai 2007 et novembre 2011, sept centres des Pays de la Loire, qui a porté sur 1 599 patients âgés de 18 ans ou plus, ayant eu un bilan polysomnographique nocturne pour suspicion d’AOS, indemnes de diabète auto-rapporté ou de prise de médicaments, dont le taux d’HbA1c était inférieur à 6,5 %.

La proportion de patients dont le taux d’HbA1c dépassait 6 %, allait de 10,8 % parmi ceux dont l’indice d’apnées-hypopnés (IAH) était inférieur à 5 (absence d’AOS) à 34,2 % quand l’IAH atteignait ou dépassait 50 (OAS très sévères).

Après ajustements sur nombre de facteurs confondants potentiels (notamment sur l’âge, le sexe, le tabagisme, l’IMC, le tour de taille, la morbidité cardiovasculaire, la durée du sommeil, l’existence d’une somnolence diurne, d’une dépression, d’une insomnie, le centre d’étude), l’analyse associe à la sévérité des AOS un risque accru d’augmentation du taux d’HbA1c au-dessus de 6 %. En comparaison des patients ayant un IAH < 5, pris comme référence, les odds ratios pour ce risque étaient de 1,40 (intervalle de confiance à 95 % : 0,84-2,32), 1,80 (1,19-2,72), 2,02 (1,31-3,14), et 2,96 (1,58-5,54), pour des IAH respectivement de 5 à moins de 15 (AOS légères), de 15 à moins de 30 (AOS modérées), de 30 à moins de 50 (AOS sévères), et de 50 et plus.

Une association est également retrouvée entre taux d’HbA1c dépassant 6 % et la diminution de la SaO2 moyenne, l’augmentation des épisodes de désaturation et du temps passé avec une SaO2 inférieure à 90 %.

Cette étude multicentrique française, conduite auprès de patients non diabétiques (HbA1c < 6,5 %), relie à la sévérité des AOS et à l’hypoxémie au cours du sommeil un accroissement du taux d’hémoglobine glyquée au-delà de 6 %. Cette augmentation du risque d’altération du métabolisme du glucose expose, à son tour, à un risque accru de diabète et de maladie cardiovasculaire.



Dr Julie Perrot


Priou P et coll. : Independent association between obstruction sleep apnea severity and glycated hemoglobin in adults without diabetes. Diabetes Care, 2102 publication avancée en ligne le 11 juin (doi: 10.2337/dc11-2538).




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions