La fréquence des manifestations neuropsychiatriques au cours de
l’évolution du lupus est très diversement évaluée puisqu’elles
concerneraient selon les études…37 à 95 % des malades. Une approche
plus raisonnable situe la prévalence de ces troubles à environ 30 %
(17-30 %) des cas. Ils sont très variés allant de quelques
céphalées, à un état psychotique majeur, en passant par des
dysfonctionnements cognitifs, leurs conséquences étant sans doute
très différentes suivant les patients. A court terme, il existe un
retentissement sur la qualité de vie, la fatigue, la mortalité,
l’activité professionnelle.
L’évolution à long terme est mal connue et les auteurs de cet
article se sont donc intéressés à 72 malades atteints de lupus avec
manifestations neuropsychiatriques qu’ils ont comparés à 144
contrôles souffrant également de lupus mais sans manifestation
neuropsychiatrique.
Les 72 patients ayant des manifestations neuropsychiatriques lors
de la première visite, étaient dans 90 % des cas des femmes, âgées
de 34 +/- 12 ans, dont le lupus évoluait depuis 3,6 +/- 6,0
ans.
Tous ont été revus à 1, 3, et 5 ans, suivis quant à l’activité
de leur maladie sur le Systemic Erythematosus Disease Activity
Index 2000, le cumul des lésions d’organes sur le Systemic Lupus
International Collaborating Clinics/American College of
Rheumatology Damage Index, et leur qualité de vie sur le short form
36.
Les manifestations neuropsychiatriques comprenaient des crises
d’épilepsie (15,3 %), des manifestations psychotiques (9,7 %), des
troubles visuels (11,1 %), une encéphalopathie (9,7 %), une
atteinte des nerfs crâniens (4,2 %), des céphalées (40,3 %) et des
accidents vasculaires cérébraux (9,7 %).
Les lupus ayant des manifestations neuropsychiatriques ont
globalement une activité plus importante (p<0,0001), mais cela
devient non significatif si on exclut les items correspondant aux
manifestations neuropsychiatriques. A l’inclusion, les lésions
d’organe sont plus sévères (p=0,01), et la qualité de vie moins
bonne (p=0,03).
Cependant, à 3 et 5 ans, ces différences disparaissent entre les
2 groupes. Il y a une tendance à l’amélioration dans les 2 groupes,
avec une tendance à la diminution des scores moyens d’activité de
la maladie.
Au total, l’évolution des lupus avec manifestations
neuropsychiatriques de cette cohorte n’est donc pas différente de
lupus sans manifestations neuropsychiatrique, à 5 ans. Il semble
que les lésions d’organes soient plus fréquentes au départ, puis se
stabilisent, peut être sous l’action du traitement adapté à cette
gravité initiale, traitement qui n’est pas précisé dans cette
étude.
Dr Laurent Laloux
Wang M et coll. : Long-term outcome of early neuropsychiatric events due to active disease in systemic lupus erythematosus. Arthritis care & research. 2012; 64 : 833-837
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