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Evolution semblable à long terme des lupus avec ou sans manifestations neuro-psychiatriques

Publié le 15/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La fréquence des manifestations neuropsychiatriques au cours de l’évolution du lupus est très diversement évaluée puisqu’elles concerneraient selon les études…37 à 95 % des malades. Une approche plus raisonnable situe la prévalence de ces troubles à environ 30 % (17-30 %) des cas. Ils sont très variés allant de quelques céphalées, à un état psychotique majeur, en passant par des dysfonctionnements cognitifs, leurs conséquences étant sans doute très différentes suivant les patients. A court terme, il existe un retentissement sur la qualité de vie, la fatigue, la mortalité, l’activité professionnelle.

L’évolution à long terme est mal connue et les auteurs de cet article se sont donc intéressés à 72 malades atteints de lupus avec manifestations neuropsychiatriques qu’ils ont comparés à 144 contrôles souffrant également de lupus mais sans manifestation neuropsychiatrique.
Les 72 patients ayant des manifestations neuropsychiatriques lors de la première visite, étaient dans 90 % des cas des femmes, âgées de 34 +/- 12 ans, dont le lupus évoluait depuis 3,6 +/- 6,0 ans.

Tous ont été revus à 1, 3, et 5 ans, suivis quant à l’activité de leur maladie sur le Systemic Erythematosus Disease Activity Index 2000, le cumul des lésions d’organes sur le Systemic Lupus International Collaborating Clinics/American College of Rheumatology Damage Index, et leur qualité de vie sur le short form 36.

Les manifestations neuropsychiatriques comprenaient des crises d’épilepsie (15,3 %), des manifestations psychotiques (9,7 %), des troubles visuels (11,1 %), une encéphalopathie (9,7 %), une atteinte des nerfs crâniens (4,2 %), des céphalées (40,3 %) et des accidents vasculaires cérébraux (9,7 %).

Les lupus ayant des manifestations neuropsychiatriques ont globalement une activité plus importante (p<0,0001), mais cela devient non significatif si on exclut les items correspondant aux manifestations neuropsychiatriques. A l’inclusion, les lésions d’organe sont plus sévères (p=0,01), et la qualité de vie moins bonne (p=0,03).

Cependant, à 3 et 5 ans, ces différences disparaissent entre les 2 groupes. Il y a une tendance à l’amélioration dans les 2 groupes, avec une tendance à la diminution des scores moyens d’activité de la maladie.

Au total, l’évolution des lupus avec manifestations neuropsychiatriques de cette cohorte n’est donc pas différente de lupus sans manifestations neuropsychiatrique, à 5 ans. Il semble que les lésions d’organes soient plus fréquentes au départ, puis se stabilisent, peut être sous l’action du traitement adapté à cette gravité initiale, traitement qui n’est pas précisé dans cette étude.



Dr Laurent Laloux


Wang M et coll. : Long-term outcome of early neuropsychiatric events due to active disease in systemic lupus erythematosus. Arthritis care & research. 2012; 64 : 833-837


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