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Les promesses d’une nouvelle thérapie ciblée pour le mélanome métastasé

Publié le 15/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Des mutations actives du gène BRAF codant pour la protéine sérine/thréonine kinase BRAF sont observées chez environ 50 % des patients atteints de mélanome avancé : le plus souvent (95 % des cas), il s’agit de la mutation V600E et à un moindre degré de la V600K. BRAF active les protéines MEK (MEK1 et MEK2) qui activent à leur tour les kinases MAP. Cette voie de signalisation-transduction des kinases MAP régule la prolifération et la survie des cellules dans plusieurs cancers dont les mélanomes. Les inhibiteurs de BRAF dont le chef de file est le vémurafénib améliorent la survie des patients mais les réponses sont souvent de courte durée. Dans des études antérieures, une autre approche, avec l’inhibition de MEK, a semblé donner des résultats prometteurs.

Un essai ouvert de phase 3 a donc été entrepris sur 322 patients  atteints de mélanome cutané métastasé (stade IIIC ou IV) porteurs d’une mutation de BRAF V600E (n = 281) ou V600K (n = 40) ou des deux mutations  (n = 1). Ces patients ont été randomisés en deux groupes : 214 devant recevoir du trametinib, inhibiteur de MEK, par voie orale à la dose de 2 mg une fois par jour et 108 une chimiothérapie par dacarbazine (1g/m2 de surface corporelle) ou paclitaxel (175 mg/ m2 de surface corporelle) toutes les 3 semaines.

Trois mois de plus sans progression

En intention de traiter, la durée médiane de survie sans progression a été de 4,8 mois dans le groupe trametinib contre 1,5 mois dans le groupe chimiothérapie (Hazard Ratio [HR] pour la progression : 0,45 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 0,33 à 0,63 ; p<0,001). Cette amélioration de la survie sans progression a été constatée pour tous les sous groupes de patients exceptés ceux porteurs de la mutation V600K et ceux de plus de 65 ans. Les résultats étaient similaires pour la sous population des patients qui n’avaient pas de métastases cérébrales à l’inclusion.

A six mois de suivi, le taux global de survie était de 81 % dans le groupe trametinib et de 67 % dans le groupe chimiothérapie (HR : 0,54 ; IC95 : 0,32 à 0,92 ; p = 0,01) alors que 51 patients du groupe « chimiothérapie » présentant une progression de leur maladie avaient reçu le trametinib dans l’intervalle. La médiane de survie n’était pas atteinte au moment de la publication de ces données et le suivi continue…

Dans l’analyse en intention de traiter, le pourcentage de réponses complètes ou partielles était de 22 % (IC95 : 17 à 28) sous trametinib et de 8 % (IC95 : 4 à 15) sous chimiothérapie (p = 0,01). Cependant il faut souligner lorsqu'une réponse survenait elle était plus durable dans le groupe chimiothérapie (médiane de durée non atteinte au moment de la publication pour 9 patients) que dans le groupe trametinib (durée médiane de la réponse : 5,5 mois [IC95 : 4,1 à 5,9] pour 47 patients).

Un profil de toxicité différent par rapport aux inhibiteurs de BRAF

Des effets secondaires ont été rapportés chez au mois 15 % des malades de chaque groupe : les plus fréquents sous trametinib étaient les rashes cutanés (grade 3 ou 4 dans moins de 8 % des cas), une diarrhée, des œdèmes périphériques, une fatigue et une dermatite acnéiforme. Quatorze malades ont eu une diminution de la fraction d’éjection ou une dysfonction du ventricule gauche. Neuf pour cent des patients ont souffert d’effets secondaires oculaires (vision brouillée, choriorétinopathie) mais il n’y a pas eu d’occlusion veineuse rétinienne. Aucun malade n’a eu de carcinome cutané épidermoïde. Les effets secondaires ont conduit à l’arrêt du traitement pour 35 % des malades et à une réduction de doses chez 22 %.

Les résultats obtenus ici avec le trametinib sont comparables (quoique légèrement inférieurs) à ceux observés avec le vémurafénib (régression tumorale pour 90 % des patients vs 74 %). Une comparaison entre ces deux thérapies ciblées serait donc utile mais déjà, la possibilité de les combiner pour en potentialiser les effets et en réduire la toxicité mutuelle est évoquée.

Quoi qu’il en soit ces approches suscitent déjà beaucoup d’espoir pour le traitement de tumeurs dont le pronostic est particulièrement péjoratif avec une prise en charge standard. 



Dr Marie-Line Barbet


Flaherty KY et coll. : Improved survival with MEK inhibition in BRAF-mutated melanoma. N Engl J Med., 2012 ; publication avancée en ligne le 4 juin. DOI : 10.1056/NEJMoa1203421.




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