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Des recommandations pour la prise en charge de l’énurésie

Publié le 16/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Définie par plus de 3 mictions nocturnes involontaires par semaine à partir de 5 ans, l’énurésie a une prévalence de 10 % à 7 ans et encore de 2 % à 3 % à l’âge adulte.
La physiopathologie distingue 2 types :

1) polyurie nocturne avec taux bas de vasopressine et osmolalité urinaire diminuée,
2) volume vésical faible pour l’âge avec vessie hyperactive qui recouvre des cas soit isolés soit avec des symptômes des voies urinaires basses.

Le volume vésical théorique en ml est calculé par la formule : (âge en années x 30) + 30. Les 2 types peuvent se combiner. Ils ont en commun une incapacité de réveil empêchant la miction volontaire.

L’énurésie est souvent mal prise en charge et 7 spécialistes de 5 pays différents en présentent un abord pratique dans l’European Journal of Pediatrics.

Un traitement empirique est plus souvent la règle que l’exception. Il est donc conseillé aux praticiens un abord rationnel avec 2 niveaux d’évaluation. Un premier de base comporte un interrogatoire sur le nombre de nuits avec incontinence et le dépistage d’une dysfonction vésicale : fuite urinaires dans la journée, mictions impérieuses, dysurie et pollakiurie et d’autre part la recherche d’un phimosis ou d’une coalescence des grandes lèvres, d’une dysraphie vertébrale et d’une vessie neurologique. L’un de ces signes indique le recours à un spécialiste. De surcroît,  il faut rechercher une constipation associée, des troubles psychiatriques et donner des conseils de bon sens : éviter les boissons excessives ou caféinées dans la soirée, les régimes riches en protéine et en sel, et faire uriner au coucher. Le second niveau requiert au moins 2 consultations prolongées par le praticien. Cet abord plus complet nécessite la tenue d’un cahier pendant le week-end notant le nombre, les modalités des mictions et le volume de diurèse de la journée en excluant la 1ère miction. Pour la nuit, le dépistage d’une polyurie nécessite sur 7 jours la mesure du volume de la 1ère miction, des mictions volontaires nocturnes et la pesée des couches.

Les indications thérapeutiques dans les énurésies isolées dépendent des résultats de ces examens. En l’absence de polyurie nocturne et si la capacité vésicale est normale, la desmopressine lyophilisée sub-linguale ou une alarme sonore peuvent être utilisées. Pour les enfants avec une capacité vésicale réduite on proposera une alarme, à ceux avec polyurie nocturne et une capacité vésicale normale de la desmopressine et à ceux souffrant des deux troubles les 2 traitements. Le médicament pour 2 à 6 semaines doit être pris 1h avant la dernière miction précédant le coucher et les apports en eau réduits. Si l’amélioration est significative, le traitement sera poursuivi 3 mois avant tentative d’arrêt. L’alarme ne donne pas de succès immédiat et doit être utilisée au moins 2 à 3 mois. Elle pose de nombreux problèmes familiaux. On estime que 30 % des échecs sont dus à une mauvaise adhésion au traitement.



Pr Jean-Jacques Baudon


Walle JV et coll. : Practical consensus guidelines for the management of enuresis. Eur J Pediatr 2012;171:971-83




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