Définie par plus de 3 mictions nocturnes involontaires par
semaine à partir de 5 ans, l’énurésie a une prévalence de 10 % à 7
ans et encore de 2 % à 3 % à l’âge adulte.
La physiopathologie distingue 2 types :
1) polyurie nocturne avec taux bas de vasopressine et osmolalité
urinaire diminuée,
2) volume vésical faible pour l’âge avec vessie hyperactive qui
recouvre des cas soit isolés soit avec des symptômes des voies
urinaires basses.
Le volume vésical théorique en ml est calculé par la formule :
(âge en années x 30) + 30. Les 2 types peuvent se combiner. Ils ont
en commun une incapacité de réveil empêchant la miction
volontaire.
L’énurésie est souvent mal prise en charge et 7 spécialistes de
5 pays différents en présentent un abord pratique dans
l’European Journal of Pediatrics.
Un traitement empirique est plus souvent la règle que
l’exception. Il est donc conseillé aux praticiens un abord
rationnel avec 2 niveaux d’évaluation. Un premier de base comporte
un interrogatoire sur le nombre de nuits avec incontinence et le
dépistage d’une dysfonction vésicale : fuite urinaires dans la
journée, mictions impérieuses, dysurie et pollakiurie et d’autre
part la recherche d’un phimosis ou d’une coalescence des grandes
lèvres, d’une dysraphie vertébrale et d’une vessie neurologique.
L’un de ces signes indique le recours à un spécialiste. De
surcroît, il faut rechercher une constipation associée, des
troubles psychiatriques et donner des conseils de bon sens : éviter
les boissons excessives ou caféinées dans la soirée, les régimes
riches en protéine et en sel, et faire uriner au coucher. Le second
niveau requiert au moins 2 consultations prolongées par le
praticien. Cet abord plus complet nécessite la tenue d’un cahier
pendant le week-end notant le nombre, les modalités des mictions et
le volume de diurèse de la journée en excluant la 1ère miction.
Pour la nuit, le dépistage d’une polyurie nécessite sur 7 jours la
mesure du volume de la 1ère miction, des mictions volontaires
nocturnes et la pesée des couches.
Les indications thérapeutiques dans les énurésies isolées
dépendent des résultats de ces examens. En l’absence de polyurie
nocturne et si la capacité vésicale est normale, la desmopressine
lyophilisée sub-linguale ou une alarme sonore peuvent être
utilisées. Pour les enfants avec une capacité vésicale réduite on
proposera une alarme, à ceux avec polyurie nocturne et une capacité
vésicale normale de la desmopressine et à ceux souffrant des deux
troubles les 2 traitements. Le médicament pour 2 à 6 semaines doit
être pris 1h avant la dernière miction précédant le coucher et les
apports en eau réduits. Si l’amélioration est significative, le
traitement sera poursuivi 3 mois avant tentative d’arrêt. L’alarme
ne donne pas de succès immédiat et doit être utilisée au moins 2 à
3 mois. Elle pose de nombreux problèmes familiaux. On estime que 30
% des échecs sont dus à une mauvaise adhésion au traitement.
Pr Jean-Jacques Baudon
Walle JV et coll. : Practical consensus guidelines for the management of enuresis. Eur J Pediatr 2012;171:971-83
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