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Dormir plus pour grossir moins !

Publié le 17/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Plusieurs études prospectives ont montré une association entre sommeil de courte durée et prise de poids. En effet le manque de sommeil semble altérer la sécrétion d’hormones majeures impliquées dans la régulation de la prise alimentaire tel que la ghréline, la leptine ou encore le cortisol.

Les petits dormeurs sont donc plus à risque de surpoids, mais le fait de prolonger leur temps de sommeil suffira-t-il à diminuer ce risque ?

Les études randomisées étant difficiles à implémenter, c’est à travers d’une étude longitudinale que les auteurs ont tenté de répondre à cette question.

Quarante-trois adultes (IMC moyen 27,7 Kg/m²) issus de la cohorte «  Québec Family Study » ont été identifiés comme petits dormeurs (durée de sommeil ≤ 6h/j) et inclus dans l’étude. Ils ont été divisés en 2 groupes:

1) ceux qui ont maintenu un temps de sommeil ≤ 6h/j jusqu’à la fin de l’étude ;
2) Ceux qui ont prolongé leur temps de sommeil à une durée théoriquement optimale de 7-8h/J.

Un troisième groupe d’individus, ayant comptabilisé 7 à 8 h/j de sommeil tout au long du suivi, a fait office de groupe contrôle (GC). La variation de l’IMC et de la masse grasse (MG) a été mesurée pour chacun des 3 groupes entre le début et la fin de l’étude (6 ans).

Comme prévu le GC avait un IMC moyen inférieur aux groupes des petits dormeurs (groupe 1 et 2) en début d’étude avec respectivement 25,5 Kg/m² et 27,7 Kg/m² (p<0,05). Au bout de 6 ans, le GC et le groupe de petits dormeurs ayant rallongé leur temps de sommeil (groupe 2) avaient pris tous les deux 1 point d’IMC et 1 kg de MG. Par contre pour les petits dormeurs ayant maintenu leur temps de sommeil (groupe 1) l’IMC avait augmenté de 2 points et la MG de 3,5 kg (différence entre groupe 1 et 2 : 1,1 Kg/m² et 2,4 kg de MG sur 6 ans, p<0,05 en données ajustées)

Selon les auteurs, cette étude démontre pour la première fois que l’allongement du temps de sommeil vers une durée optimale de 7 à 8h/j freinerait la prise de poids et de masse grasse. Ils estiment que cette observation justifie l’inclusion du temps de sommeil comme facteur de risque de surpoids même si aucune relation de causalité ne peut être établie à ce stade.

En attendant des essais randomisés, les études concernant l’obésité et l’apnée obstructive du sommeil (SAOS) sont loin de confirmer le fait qu’un meilleur sommeil inverserait la courbe de l’IMC. En effet, si l’appareillage nocturne (CPAP) améliore significativement la qualité et la durée du sommeil, il ne favorise par pour autant la perte de poids !



Dr Rodi Courie


Chapute JP et coll. : Longer sleep duration associates with lower adiposity gain in adult short sleepers, International Journal of Obesity, 2012 ; 36 : 752–756.


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