Un jeune irlandais de 17 ans consulte pour une éruption
érythémato-papuleuse ayant débuté sur le torse pour s’étendre par
la suite aux membres.
Le patient travaille depuis 2 semaines dans une imprimerie et est
en contact direct avec l’encre des posters, laquelle traverse les
vêtements.
L’examen clinique met en évidence des papules érythémateuses
mais aussi quelques plaques en cocarde pouvant faire évoquer un
érythème polymorphe.
La biopsie cutanée montre une spongiose, un œdème ainsi qu’un
infiltrat lymphohistiocytaire périvasculaire du derme
superficiel.
Le diagnostic de dermatite de contact urticarienne est porté.
Les lésions sont ici moins fugaces (plus de 24 heures) que dans
l’urticaire de contact ; les papules urticariennes peuvent aussi
prendre des aspects eczémateux.
Cette dermatose est provoquée par une réaction médicamenteuse, un
contact allergique ou une virose.
L’éruption a cédé en une semaine après traitement local par
dipropionate de clobétasol à 0,05 %.
Des patch-tests, réalisés par la suite à l’aide de la batterie
standard de la Société Britannique d’Allergie de Contact, des
substances chimiques photographiques et de la batterie
d’imprimerie, ont été appliqués avec des IQ ultra chambers
(Chemotechnique Diagnostics°) pendant 48 heures.
La lecture a eu lieu le deuxième jour puis les 4ème et 7ème jours
selon les critères du Groupe International de Recherche sur la
Dermatite de Contact.
Les tests se sont avérés positifs pour tous les monomères
acryliques testés.
Le test « résines époxy à 1% » de la batterie standard était
négatif.
Le patient a signalé avoir été traité dans le passé par une
colle acrylate pour une plaie du cuir chevelu. Ce contact pourrait
être à l’origine de la sensibilisation aux monomères
acryliques.
Le 2-hydroxyéthyl méthacrylate et le 2-hydroxypropyl méthacrylate
sont les méthacrylates les plus sensibilisants.
Le diéthylèneglycol diacrylate est un allergène important en
imprimerie.
Les deux sources principales d’allergie de contact chez ces
ouvriers sont les encres à séchage UV et les impressions
photopolymères.
Dr Geneviève Démonet
Higgins E et coll. : Urticarial allergic contact dermatitis caused by UV-cured printing ink. Contact Dermatitis 2012; 66: 340-341
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